Bienvenue sur le blog du Shakko, groupement de joueurs au sein de l'association Rennaissance & Culture
(Sainte Geneviève des Bois dans l'Essonne). Le club, avec 30 ans d'existence , joue "HISTORIQUE" (du Moyen-âge à nos jours) et "FANTASTIQUE" ( Warhammer 40000, Warhammer Battle , Seigneur des anneaux ...) tous les samedis après-midi
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31 janv. 2011

Pakchon, 5 novembre 1950.




Ce scénario fait suite à celui d’Unsan et retrace, dans les grandes lignes, la première opération d’envergure au cours de laquelle furent engagées les troupes de la 27e Brigade du Commonwealth (anglais, écossais et australiens).



Arrivés de Hong-Kong le mois précédent, les britanniques prirent part à la bataille du Nakdong et suivirent par la suite la contre-offensive des forces onusiennes au-delà du 38e parallèle.

Lorsque, fin octobre 1950, l’intervention chinoise vint totalement renverser la situation dans la péninsule, la 27e brigade reçu l’ordre de couvrir le repli des alliés derrière les rivières Taeryong et Chongchon. En cas d’échec, cette retraite précipitée des forces onusiennes risquait fortement de tourner au désastre.





Le scénario



A cette date, la 27e brigade du Commonwealth aligne :
- Trois bataillons d’infanterie (Argyll and Sutherland Highlanders; 3rd Battalion, Royal Australian Regiment; 1st Battalion, The Middlesex Regiment)
- Le 61st Field Artillery Batallion – de l’US army- (deux batteries de 105mm une de 155mm)
- Une compagnie US de Sherman E8 (A Company, US 72nd Heavy Tank Battalion)
La couverture aérienne est assurée par les Mustangs du Squadron 77 de l’Australian Air Force.

De leur côté, les chinois disposent d’une division complète (la117e division des Volontaires du peuple appartenant à la 39e Armée) composée de trois régiments bien dodus (349e, 350e et 351e).



Parmi la douzaine de scénarii-types proposés par la règle CWC, c’est celui de l’"exploitation" qui colle la mieux au contexte :

Le défenseur allié se déploie en alterné sur les deux-tiers du terrain, de part et d’autre de la rivière Taeryong. Les deux batteries de 105mm doivent être placées sur table.
Toutes ses unités d’infanterie sont comptées comme étant en couvert léger (trous individuels).



L’attaquant chinois bénéficie d’un budget correspondant au double de celui du défenseur, et rentre au premier tour de jeu. (sans aucune préparation d’artillerie préréglée).
Pour coller à l’historicité, le camp chinois peut faire déboucher ¼ de son budget (soit 2 bataillons) par un des flancs brits sur une profondeur de 2/3 de table (il s’agit de troupes infiltrées dans les collines durant la nuit).



En outre, il a la possibilité de déployer de nombreuse unités de reconnaissance dans et derrière les lignes ennemies (Tout ceci pour refléter les différentes tactiques d’infiltration pour lesquelles les chinois étaient passés experts).



Pour l’emporter, la 117e division doit s’emparer du dernier tiers de table opposé (et, ce faisant, de la route d’Anju qui mène droit aux ponts sur la Chongchon) ou, de façon plus réaliste, infliger au moins 20 pertes aux alliés (pour pouvoir tester leur "seuil de rupture").

L’assaut chinois est lancé à l’aube.
Schématiquement, la partie se déroule en trois phases.

Phase initiale : la progression (tours 1-3)

Sur les neuf bataillons chinois engagés, trois sont massés sur la rive ouest de la rivière Taeryong, auxquels il faut rajouter deux autres bataillons infiltrés sur le flanc gauche allié.



Face à ces cinq bataillons, les trois compagnies du Middlesex Regiment vont avoir fort à faire.



Sur la rive est, quatre bataillons chinois font face aux australiens du 3rd RAR et aux Highlanders.



Ignorant lequel des flancs serait menacé, les joueurs alliés ont prudemment positionné le 3e RAR sur le flanc droit, en retrait par rapport à la ligne de front. Sa puissance de feu ne pourra donc pas être utilisée contre l’ennemi durant la majorité de la partie.



Supportés par un peloton de Sherman, les highlanders tiennent le village de Pakchon, situé sur la route d’Anju, qui constitue l’objectif principal des deux camps.



La très forte supériorité numérique des chinois (4 contre 1) vaut ce qu’elle vaut ; il n’en reste pas moins que les trois régiments de volontaires vont devoir progresser à découvert sous le feu nourri des alliés.



Entre 800 et 300 mètres, seules les armes lourdes peuvent donner.
Côté chinois, à défaut d’artillerie, ce sont les mortiers de 82mm (leur "artillerie de poche") et les mitrailleuses lourdes qui couvriront l’infanterie qui n’a pas d’autre choix que d’avancer le plus rapidement possible.



La présence de nombreuses unités de reconnaissance sur les arrières de l’ennemi leur permet de progresser plus efficacement, voir même de placer quelques salves de mortiers sur les unités de soutien des alliés.



Côté allié justement, les Tommies peuvent compter sur leur artillerie, l’aviation, les blindés et leurs propres soutiens.



Ainsi, si l’on prend en compte la totalité des facteurs (puissance de feu, couverture, cadences de tir et fréquence des soutiens aérien et artillerie), les alliés bénéficient d’une supériorité au feu équivalente à 3 contre 2 durant la phase de progression.



De plus, leur observateur aérien leur permet si nécessaire (et avec un peu de chance) de frapper directement sur les cibles appropriées : PC de bataillons, soutiens, etc.



Sur la rive est, l’avance des deux bataillons chinois situés sur le flanc gauche est rapide. Trop distant, le 3e RAR n’est pas en mesure de les contrer.



Au centre, face aux highlanders, deux bataillons chinois sont pris sous les feux croisés des tanks, des mortiers et de l’aviation.



L’avance chinoise en est ralentie, mais encore loin d’être contenue.
Un jet de dés chanceux permet même à ces derniers de chasser du ciel l’observateur aérien pour un moment.



Sur la rive ouest, l’artillerie alliée obtient les mêmes résultats en mi-teinte.



Le feu concentré des mortiers et des mitrailleuses chinoises occasionne quelques mitrailleuses momentanément clouées. Plusieurs PC de bataillons alliés sont pris pour cibles pas des snipers, mais sans effet notoire.

Deuxième phase : l’approche (tours 4-5)

A partir de 300 mètres, l’infanterie est en mesure d’intervenir. Le rapport (théorique) de force est maintenant très favorable à l’allié puisqu’il se porte à 2 contre 1 (supériorité de l’armement individuel).



Les salves d’artillerie sont aussi plus précises. Le feu concentré de tous les moyens alliés commence à produire ses effets sur les masses chinoises.
Pour l’attaquant, la phase d’approche est importante. Les manœuvres lui permettent de se positionner pour l’assaut final en ciblant l’endroit le plus vulnérable du dispositif allié.

Sur le flanc gauche par exemple, un bataillon de volontaires vient trouver le flanc d’une compagnie de highlanders, forçant ces derniers à décrocher vers le village et se couvrir par un feu massif de l’artillerie et des tanks.



Sur la rive ouest, là où la supériorité numérique des chinois est plus flagrante, la 2e compagnie du Middlesex est décimée par le feu concentré de tout ce qui peut tirer sur la butte où cette unité est positionnée.



Malgré le soutien des tanks et de l’artillerie, la position doit être renforcée par la première compagnie qui tente difficilement de gagner le sommet de la butte prise sous le feu des mitrailleuses chinoises. Au terme du 5e tour, deux bataillons chinois sont à portée de charge, nonobstant des pertes élevées.



Sur le flanc droit chinois, les deux bataillons infiltrés sont eux aussi arrivés à distance de charge de la troisième compagnie du Middlesex.



A 150 mètres, (combat rapproché), le facteur feu d’une unité d’infanterie est doublé. A ce moment là (toujours théoriquement), les deux camps ont une puissance de feu équivalente (la quantité des unités chinoise palliant la supériorité du feu allié).



L’anglais doit maintenant décider de tenir ou replier (défense élastique), la deuxième solution, si réalisable, est généralement plus prudente à condition d’être couverte par le feu retardateur de l’artillerie ou des tanks. Téméraire, le capitaine britannique choisi bravement de tenir sur sa position.

Phase finale : le contact (tours 6-8)

A moins de 100 mètres, le chinois a acquis un feu équivalent à celui des alliés, mais se retrouve surtout en position de lancer ses assauts en corps à corps (pour lesquels il dispose d’une supériorité théorique de 2 conte 1 du fait de ses nombreuses troupes équipées de PPSH et sacs de grenades).



Au son du clairon, les chinois s’élancent à l’assaut. La 3e compagnie du Middlesex, malgré une défense acharnée et après avoir repoussé un premier assaut, est inexorablement submergée par les vagues d’attaques successives.



Le verrou anglais ayant sauté, les deux bataillons chinois dévalent les pentes des collines en direction des berges de la rivière Taeryong.
Au terme de 8 tours, le bataillon du Middlesex qui a subi 2/3 de pertes n’est plus en mesure de tenir la rive ouest.



L’ordre est donné aux unités se trouvant dans ce secteur d’évacuer vers la rive opposée. Ce qui reste de l’artillerie replie sous le tir des mortiers chinois, suivi des quelques survivants des trois compagnies d’infanterie. Les deux pelotons de chars Sherman tirant en couverture sont les derniers à évacuer (passant de justesse sur les ponts fort peu fiables).



Comble de malchance pour les Brits, la partie s’achève sur un double six de l’observateur aérien dont l’appareil, victime d’une panne moteur, disparait en vol plané vers le nord, derrière les lignes chinoises…..

19 janv. 2011

Un épisode de la campagne de France, 1814.

Ayant été plusieurs fois pris en flagrant délit depuis le début de la campagne, le prussien se méfie.
Les plaines onduleuses de Champagne se prêtant mal à la dissimulation, sa nombreuse cavalerie a tôt fait de repérer les français de la force d’un corps d’armée.


Connaissant les faiblesses de son infanterie, certes motivée mais peu à l’aide quand il s’agit de manœuvres complexes, il a choisi son terrain pour y attendre l’adversaire, l’user, le fatiguer, l’immobiliser, et tenter de déchirer un pan de ce rideau insaisissable tiré part l’empereur et qui masque la route de Paris.


Une élévation de terrain pour y positionner l’artillerie, quelques bois dont un à l’aile droite pour éviter d’être tourné… l’armée se déploie, étirée comme un mètre ruban, mèches allumées et doigt sur la détente.


En face, le français doit frapper, vite et encore, bousculer cet adversaire avant de faire face aux suivants qui ne manqueront pas de surgir, toujours plus nombreux.


Le prussien, de gauche à droite : 1 division de 5 régiments de cavalerie....


9 bataillons de landwehr .....


9 bataillons de ligne, avec en réserve 3 bataillons de Gardes. Le tout farci de pièces de tous calibres.



Le français, de gauche à droite : 1 faible brigade de cavalerie lourde,


1 autre de cavalerie légère...


1 brigade de 6 bataillons de ligne...


1 autre de 6 bataillons de conscrits...


1 petite brigade de la Garde.


Artillerie tout juste suffisante, le tout déployé au maximum.

L’affaire a commencé du côté français, et comme il se doit, par le déploiement de tirailleurs au centre.


Face à une ligne adverse compacte, ils ont dû rapidement se replier sous le feu de 8 bataillons en double ligne de compagnie, totalisant un nombre impressionnant de figurines.


Cuirassiers, chasseurs et hussards français, se jetant ensuite à plusieurs reprises contre les meilleurs bataillons prussiens et silésiens, disposés en échiquiers et soutenus par de l’artillerie, n’ont guère eu de succès.



Les conscrits français, arrivant en colonne devant les bataillons de Landwehr de l’Elbe, de Prusse Occidentale et de Silésie ont également subi un tir sévère avant de pouvoir répliquer.



L’échange d’amabilité a duré quand même trois périodes avant qu’ils ne lâchent pied, décimés et démoralisés.


Suivant les tirailleurs, 4 bataillons de ligne soutenus par l’artillerie ont réussi à malmener quelque temps le 2ème régiment d’infanterie de réserve de Poméranie.


La ligne adverse allait-elle craquer ?

En regroupant la cavalerie allait-on enfin pouvoir exploiter cet avantage ?




Non, car au son des tambours grêles et des fifres, les trois beaux bataillons de la Garde Prussienne apparurent à point nommé, suturant la ligne de front.


Et la Garde Française justement ?
Mise à droite en défense d’un village, elle a été fixée par les cuirassiers, dragons, uhlans, hussards et cavaliers nationaux, les deux partis se tenant mutuellement en respect.


Une attaque de uhlans fut repoussée sans ménagement par le feu précis des fusiliers-chasseurs.


Une autre charge, cette fois des fameux « Leibhusaren », sur la même unité restée en ligne pour développer une meilleure puissance de feu, aboutit davantage.


La moyenne Garde fut ramenée à coups de sabre dans le village, tandis que le reste de la brigade, définitivement bloquée, en verrouillait l’accès contre toute éventuelle exploitation prussienne.


Conclusion, le prussien bien que malmené en divers points a tenu, le français n’ayant réellement mordu nulle part.
Ca pourrait être presque un match nul, mais en 1814 pour le français c’est plutôt une défaite…