Bienvenue sur le blog du Shakko, groupement de joueurs au sein de l'association Rennaissance & Culture
(Sainte Geneviève des Bois dans l'Essonne). Le club, avec 30 ans d'existence , joue "HISTORIQUE" (du Moyen-âge à nos jours) et "FANTASTIQUE" ( Warhammer 40000, Warhammer Battle , Seigneur des anneaux ...) tous les samedis après-midi
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10 mars 2012

Bataille de la rivière Imjin : 22 avril 1951

Après la contre-offensive onusienne du premier trimestre qui avait permis aux Alliés de refranchir victorieusement le 38e parallèle, les Chinois décident de reprendre l'initiative. C'est la fameuse "offensive de printemps" : trois groupes d'armées (pas moins de 700 000 hommes) sont lancés dans la bataille. L'objectif est clair : balayer les unités alliées étirées le long de la ligne "Kansas" et pousser l'effort jusqu'à reprendre Séoul avant que ne s'ouvrent les négociations pour un cessez le feu à Panmunjeom.


Le secteur clé de l’offensive se situe à environ quarante kilomètres au nord de la capitale, sur les berges de la rivière Imjin. Si d’aventure les Chinois parvenaient à percer à cet endroit, ils s’ouvriraient une voie directe vers Séoul par le corridor d’Uijeongbu (c’est de cette manière qu’avaient procédé les Nord-coréens un an plus tôt).

Cette mission d’importance est confiée à la 63e armée des Volontaires du peuple. Fraîchement constituée, cette dernière est forte de trois divisions :
La 187e division (558e, 559e et 560e régiments d’infanterie) formera la première vague d’assaut, celle qui sera chargée d’effectuer la percée proprement dite  (le scénario que nous avons joué).
La 188e en deuxième échelon, pour consolider les gains de la 187e.
La 189e, placée en réserve, lancera l’exploitation vers Uijeongbu.

La 187e division ouvrira le bal en attaquant de nuit, ce qui est doublement favorable au chinois : en premier lieu, l’aviation alliée ne peut intervenir, d’autre part la valeur des commandements sont identiques de part et d’autre (CV8 pour les HQ, mais 9 lorsque les chinois font jouer leur doctrine rigide, c'est-à-dire qu’ils appliquent à la lettre les directives du plan). Dans un système de jeu où le commandement est prépondérant, cela a son importance.


Aux neuf bataillons d’infanterie qui forment le gros de leurs troupes, les Chinois disposent également d’un bataillon divisionnaire de "troupes d’assaut". A la manière des Stosstruppen allemands de la première guerre mondiale, ces soldats d’élite sont armés de pistolets mitrailleurs et d’une grande quantité de grenades qui doublent leur valeur au corps à corps (au détriment de la portée de feu). En outre, des équipes de snipers pourront, s’ils en ont l’opportunité, cibler les PC et observateurs.

Face à cette masse imposante, la défense de la rivière Imjin est confiée à la 29e brigade britannique du général Brodie.



Les joueurs alliés disposent pour ce faire de trois bataillons d’infanterie et d’un escadron de blindés.
Le 1st Battalion, Gloucestershire Regiment (les fameux “Glosters”)
Le 1st Battalion, Royal Northumberland Fusiliers (RNF) ;
Le Bataillon des Volontaires Belges (qui compte dans ses rangs quelques luxembourgeois)
Le C Squadron, 8th King's Royal Irish Hussars, équipé de redoutables chars centurions et d’un peloton de blindés légers cromwell (reconnaissance).


L’appui feu est fourni par trois batteries (hors table) de 25 pounders du 45 Field Regiment, Royal Artillery et des tubes de 4.2 inch de la 170 Heavy Mortar Battery. Ce qui est mince…


Toutes les unités sur table (excepté les blindés) sont retranchées. Il n’y a pas de deuxième ligne “d’arrêt”, pas de mines, ni de barbelés du fait que les britanniques ne pensaient pas à occuper le secteur trop longtemps.


Comme de coutume, les effectifs alliés sont largement insuffisants pour former un front continu couvrant les huit kilomètres du secteur, d’autant plus que la rivière est considérée comme guéable sur tout son cours (comme en témoignent les nombreuses photos d’époque). Par conséquent, onze objectifs sont répartis sur la table. Celui des camps qui en possède le plus en fin de partie a gagné…


Une première salve de katioucha vient s’abattre sur le village de Choksong tenu par une compagnie des Gloster, elle donne le signal de l’assaut chinois.




L’état major du général Yang Dezhi ayant décidé d’attaquer en une seule vague d’assaut, ses trois régiments entrent simultanément sur la table. Il est donc plus simple de décrire l’action en passant successivement en revue le centre et les ailes.


Le flanc droit (560e régiment chinois contre les Gloster)

Dans ce secteur, quatre objectifs sont en jeu. Curieusement, les anglais ont choisi de n’en couvrir qu’un : le village de Choksong.


Sautant sur l’occasion, un bataillon chinois franchi la rivière en amont pour manœuvrer à couvert et gagner ainsi la ligne de crête joignant les collines 148 et 235. Contrôlant les hauteurs qui dominent le village, une compagnie pousse jusqu’à l’objectif qui tombe sans coup férir.





Face aux positions des Gloster, les deux autres bataillons chinois restèrent plus circonspects et s’assurèrent la prise du gué sans pousser davantage. Les mauvais dés de commandement ajoutés aux délais pour franchir la rivière expliquent en partie cette situation.



Il manquait sans doute un tour ou deux pour que les trois bataillons puissent ensemble lancer l’assaut qui aurait débloqué la situation.


De leur côté, les Gloster ne purent pas faire grand-chose, les Chinois restant dans la pénombre alors que l’artillerie et ses éclairants étaient fortement sollicitée sur les autres secteurs plus chauds.


Bref, sur ce flanc, deux objectifs sur quatre sont tombés dans l’escarcelle chinoise.

Le centre (559e régiment chinois contre les blindés et le RNF)

Trois objectifs étaient à prendre dans ce secteur, la cote 152 et le versant sud du Kamak San ; le gué. Mais la vraie valeur de cette position était conférée par la route est-ouest permettant au défenseur de riper ses forces d’un secteur à l’autre en fonction des nécessités.


Ce qui explique sans doute pourquoi les Alliés ont décidé de verrouiller le centre en plaçant leurs mastodontes. En avant, presque au contact des berges, les cromwell du peleton de reconnaissance se retrouvent bien placés pour coordonner les tirs des centurions et de l’artillerie sur quiconque tenterait de franchir la rivière.


Plus à gauche, le RNF s’est positionné de façon à interdire la route n°11, principale voie de ravitaillement et surtout l’axe stratégique menant droit à Séoul.

Face au "gros" anglais, les Chinois font rentrer le 559e régiment d’infanterie à couvert derrière une ligne de crête. Plus à gauche, les redoutables troupes d’assaut débouchent sur la route n°11 face au gué… et aux centurions. Aussitôt, les blindés ouvrent le feu à portée maximum de visibilité sur les intrus qui, bien échaudés, décident d’obliquer à couvert.


Cette prudence n’est pas de mise concernant le camarade-colonel du 559e. Bille en tête, au son du clairon et en ordre serré, ses trois bataillons dévalent héroïquement les pentes qui mènent jusqu’aux berges de la rivière.


L’anglais qui n’en croit pas ses yeux déclenche un feu d’artillerie monstrueux sur le seul bataillon à portée de vue de ses observateurs. Le barrage arrive à temps pour stopper net l’élan des Chinois, sans toutefois leur causer des pertes conséquentes.


Ne disposant d’aucune arme antichar valable, ces derniers font grand usage de leurs nombreux mortiers de 82mm pour sonner les mastodontes et diminuer de fait leur capacité de réaction.


Profitant d’un angle mort dans la ligne anglaise, un des bataillons prend pieds sur la berge opposée et, manœuvrant à l’abri des lignes de crête, se rapproche dangereusement des premiers centurions.
Arrivés à bonne distance, les fantassins d’avant-garde s’élancent à l’assaut pour être stoppés nets par le feu nourri du peloton menacé. Ramené dans ses cordes, le chinois se réorganise à couvert pour retenter sa chance au prochain tour.


Alertés, les blindés anglais rectifient leur alignement pour faire face à la menace. Mais insuffisamment rapidement pour éviter un deuxième assaut qui leur est cette fois ci fatal.







Alors que la moitié du 559e régiment patauge encore dans l’Imjin, les attaquants ont quand même réussi à déborder la position anglaise. En fin de partie, la cote 152 est sur le point de tomber et les pentes du Kamak San sont ouvertes à l’infiltration des troupes chinoises. Un objectif supplémentaire pour les Volontaires du peuple, et même un deuxième en balance si on considère le rapport de force favorable à l’attaquant (très peu de pertes pour le centre chinois à ce moment de la partie).
Cependant, en se concentrant sur la cote 152, les assaillants n’ont pu s’emparer du gué, toujours contrôlé à distance par le RNF.

A ce stade, quatre objectifs sur sept sont tombés. On peut donc dire que la victoire s’est jouée sur flanc gauche.

Le flanc gauche (558e régiment chinois contre les Belges, supportés par les RNF)

Quatre objectifs à disputer dans ce secteur :
La cote 194, la seule qui soit sur la rive "chinoise", est occupée par les trois compagnies du bataillon belge.


Plus en retrait, et raison d’être de l’objectif précédent, le pont du génie récemment jeté par le 55 Squadron des Royal Engineers. Ce pont doit permettre la reprise de l’offensive alliée largement compromise par l’attaque chinoise.



Plus en arrière, deux objectifs déterminent le contrôle de la route n°11 dont l’importance est primordiale pour le succès stratégique de l’offensive communiste.


Retranchés en retrait la ligne de crête, les Belges ne peuvent dans un premier temps qu’entendre le vacarme des clairons et des gongs qui précède la vague d’assaut du 558e régiment, ponctués par les explosions des premiers obus de l’artillerie opérant sous le contrôle de l’observateur affecté au RNF.




Lorsque les premières sections chinoises émergent ca et là de l’obscurité, elles sont accueillies par les shrapnels des tubes de 82mm, l’infanterie retenant sont feu pour ne pas se découvrir.



A moins de cent mètres, les belges lâchent alors tout ce qu’ils ont à courte portée. Surpris et désorientés, la première ligne chinoise encaisse durement et marque le pas. Sur son flanc gauche, la section de mitrailleuses lourdes astucieusement placée complète ce coup de massue par des feux d’enfilade extrêmement meurtriers.


Néanmoins, la deuxième ligne chinoise s’élance immédiatement à l’assaut, sans même prendre le temps d’une préparation de mortiers ni même quelques tirs de snipers vicieusement ciblés. Ca passe ou ca casse…


Les nombreuses charges ne sont pas toutes repoussées et plusieurs combats rapprochés s’engagent à la grenade. Imprudemment placé en première ligne, la position du PC de bataillon est à deux doigts d’être submergée et ce dernier parvient in extremis à se maintenir après un furieux corps à corps de plusieurs rounds.


Mettant à profit le retrait momentané des assaillants, les trois compagnies belges se replient à couvert des parallèles en direction des broussailles qui leur offrent une deuxième ligne de défense toujours à portée de l’objectif (qui reste ainsi sous leur contrôle).
L’artillerie ne pouvant être appelée car l’observateur décroche lui aussi, le désengagement est couvert par les mortiers et les mitrailleuses lourdes.


De leur côté, les chinois se réorganisent pour relancer une fois encore leur assaut.


Progressant sous le feu de la nouvelle position belge, les Chinois chargent à nouveau. Là encore, les corps à corps sont nombreux et les attaquants ne peuvent se maintenir malgré quelques succès arrachés à la pointe des baïonnettes mais impossibles à exploiter.


Jouant leur va tout, les belges demandent un barrage massif de toute l’artillerie disponible à brûle pourpoint juste devant leur position. Un déluge de feu s’abat sur les Chinois de nouveau prêts à relancer leur troisième assaut, si près des lignes belges qu’un friendly fire est testé sans qu’aucune perte ne soit miraculeusement provoquées à l’encontre des défenseurs. Il n’en est pas de même pour le 558e régiment des volontaires qui prend de plein fouet la concentration de trois batteries d’artillerie.

Ayant subi près d’un tiers de perte, le régiment chinois n’est plus en mesure de continuer son effort contre une ligne de nouveau reformée et bien appuyé.

L’objectif de la cote 194, encore à portée d’une contre attaque alliée, du moins à portée de feu des belges, n’est pas considéré comme conquis. Ca a failli, mais ce n’est pas passé.

Quatre objectifs sur onze sont dans les mains des Chinois au terme de la partie. C’est donc une victoire assez nette des alliés.

4 mars 2012

Combats autour de St George d'Elle. Fin Juin 1944, Normandie



L’épisode se déroule autour du 20 juin au 8 juillet, où les Américains ont stoppé leur avance sur St Lo. Cela gamberge fort dans les têtes bien pleines du Haut Etat-major Allié ! Nous nous trouvons dans le secteur de la 2ème division d'infanterie américaine, face à des unités disparates de panzergrenadiers de la 352 ème division d'infanterie, et surtout des hommes du 5ème Fallschirmsjägers qui sont venus renforcer la position de leurs camarades.

Ce sont les Allemands qui sont ce jour à l'attaque, avec pour mission de désorganiser les premières lignes américaines, et ainsi repousser encore de quelques jours la reprise de l'offensive alliée qui ne saurait tarder !


Disposition d'attaque allemande

Ligne de défense américaine

Les combats eurent lieu autour du bourg de Saint Georges d'Elle, et notamment son cimetière






Rapport de l’Hauptmann Walter Münter, 2ème bataillon du 5ème fallschirmjaggers (3. Fallschirmjagerdivision) : 29 juin 1944 Normandie, 7ème Armée.

« Contre-attaque dans le secteur de St Georges-d’Elle. Ordre a été donné de reprendre les coups de boutoir sur la ligne ennemie.

L’attaque a débuté à 8h00 du matin. Nous avons voulu profiter d’un brouillard qui rendait la visibilité plus difficile pour les postes avancés américains. Nous avons mené plusieurs infiltrations durant la nuit (cf. règle de jeu) pour localiser précisément les positions du 23 th régiment d’infanterie US. Seule une sur quatre est parvenue à pénétrer les lignes ennemies. Mais les gars ont fait un boulot formidable. Un groupe de la 2ème section est entré par un angle-mort dans l’église du village (test de visibilité raté pour l’Américain). Il y est resté caché jusqu’au déclenchement de la contre-attaque.
Nos compagnons du Nachrichten-Abteilung 352 (Volksgrenadiers comptés moral régulier) qui tenaient le secteur il y a 15 jours encore, ont été balayés par l’offensive américaine du 14 juin. Heureusement, quelques braves, de leur propre chef, ont décidé de s’accrocher coûte que coûte. Deux sections fortement diminuées en effectifs, tenaient ainsi encore le cœur du village, malgré les tirs incessants d’artillerie lourde (105 mm et 155 mm). Ces hommes méritent la croix de fer. Ils ont poussé l’audace jusqu’à engager sous le feu ennemi, toute une section américaine retranchée dans l’édifice religieux. Les combats dans le secteur ont été meurtriers, mais victorieux !




Premières victimes...

L’appui-feu venu de la 1ère section de la compagnie A du 5ème fallschirmjaggers, a permis rapidement de réduire au silence la résistance ennemie dans l’église. Un groupe du Volksgrenadier qui a fait prisonnière toute une section américaine ! Les services de la Propaganda Kompanien (PK) ont été rapidement mis au courant. On les attend sous peu pour un reportage-photos sur ces « héros du Reich ».

Nos pionniers ont fait des merveilles dans le bocage normand. Trois équipes de dynamiteurs avaient été jointes à 3 sections de Fallschirmjaggers, qui avaient pour tache de se glisser sur notre droite, et contourner le dispositif ennemi autour du village de St Georges. Le tout appuyé par deux Sturmgeschütz qui eux, devaient passer à travers les haies ouvertes à l’explosif (1 équipe de sapeurs restant sur place toute une période de jeu, sans subir de test moral négatif, est considérée comme ayant ouvert une brèche de la largeur d’un char. Ce dernier passant à 1/8ème de sa vitesse).


Les jeunes troupes
Les compagnies sont prêtes pour l'assaut ...





Très rapidement, nos soldats firent replier une section américaine au-delà du village. Et malgré le déclenchement tardif d’un feu d’artillerie « amie » - du 105 mm de toute évidence -, il était trop tard pour nous stopper. (Les joueurs américains n’ont pas eu de chance aux dés, et n’ont eu l’initiative que très tard dans le jeu. Or, il leur fallait 2 initiatives favorables pour enclencher le feu des 105 Howitzer hors-table) Les combats se sont poursuivis autour de l’église, mais l’Américain semblait avoir perdu tout espoir de nous repousser.











Sur l’autre flanc, notre avance fut encore plus aisée. Très peu de résistance en face de nous. Si les « amis » avaient disposé des troupes plus proches des premières lignes, ou du moins des éléments retardateurs ; ils auraient pu désorganiser en partie notre attaque. Au lieu de cela, on assista à un repli des forces ennemies au-delà des zones de feu.

Notre artillerie du fallschirm-artillerie-regiment 12 - une batterie de 105 FK 18 - (hors-table), au préalable, réduit au silence un corps de ferme qui fermait toute progression de nos troupes par la droite. Aucun ennemi à l’horizon ! Nos paras n’y croyaient pas : un boulevard s’ouvrait devant eux. Ils tombèrent même sur un antichar de 57 mm abandonné.

L’ennemi s’est accroché autant que possible au hameau. Mais rien n’arrêta notre coup de boutoir ; et l’initiative fut quasi constamment notre ! »












Les Américains se replient ...

L'hauptmann walter Munter