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23 déc. 2013

Huế, Offensive du Tết. Episode 3 : 31 janvier 1968

31 janvier 1968, l’offensive générale du Têt embrase la quasi-totalité des centres urbains du Sud Vietnam : 41 des 44 capitales provinciales sont touchées ainsi que 5 des 6 grandes villes, à commencer par Saïgon où l’ambassade US est attaquée par un commando VC.

Le Têt est la fête du nouvel an lunaire, traditionnellement c’est une période de trêve d’au moins 36 heures et 50% des effectifs de l’ARVN sont en permission au moment de l’assaut. Qui plus est, il n’est pas dans les habitudes du Viet Cong d’attaquer au cœur des villes. L’effet surprise est donc total.

A Hué, ancienne capitale impériale située non loin de la DMZ, trois colonnes totalisant dix milles hommes du Viet Cong et de l’Armée régulière (ANV) sont à la manœuvre. Rapidement, les assaillants s’emparent de la citadelle située sur la rive nord de la rivière des parfums et des installations stratégiques localisées sur la rive sud. A l’exception des QG de l’ARVN et des US Marines, toute la ville est entre leurs mains.

D’abord totalement désemparés par l’ampleur de l’assaut, les Marines et l’ARVN décidèrent de réagir. Alors que les premiers renforts commencent à converger vers le QG assiégé, la compagnie Golf, 2e bataillon du 5e régiment tente une sortie pour rallier le QG de l’ARVN situé sur la rive nord de la rivière des parfums, au cœur de la citadelle.

Après avoir franchi et sécurisé non sans quelques pertes le pont Nguyen Huang, la compagnie prend pied sur la rive opposée. De là, le 1er Platoon tente alors d’approcher la première porte qui se présente le long du rempart sud.


Le 1er Platoon est à effectif très réduit : deux squads seulement composés chacun de deux équipes feu.


Chaque équipe comprend 4 marines, dont un grenadier armé du M79 surnommé "Thumper" ou "Blooper"  (en raison du bruit particulier émis lors du tir). Chacun des squads est doté d’une M60 d’appui feu. Un observateur avancé les accompagne, en liaison avec les quelques mortiers de 81 mis en batterie à l’intérieur du QG. Les Marines sont en outre équipés d’un gilet pare balle, ils sont classés "vétérans", "confiants" et "bien approvisionnés".


Les Américains doivent s’emparer de la porte fortifiée en six tours de jeu, la rapidité d’action étant la clé du succès. Ne possédant aucun renseignement sur le dispositif ennemi (placement caché), hors de question de traîner en route au risque de se retrouver rapidement fixé, encerclé et finalement isolé par un ennemi très manœuvrier (mouvement rapide en dehors de la ligne de vue).

Premier tour de jeu

Le scénario prévoit que les Américains aient l’initiative pour les premier et deuxième tours.

Avance prudente pour les Marines : l’une couvrant l’autre, les deux équipes feu du premier squad s’emparent d’un bâtiment administratif situé à proximité immédiate de leur base de départ. Le deuxième squad ainsi que le PC de section restent hors zone.


Ce saut de puce sans risque est effectué sans opposition ennemie. L’idée est de s’approcher en toute sécurité de l’immeuble à étage situé un peu plus loin. Mais outre le fait que ce mouvement vient de lui faire perdre un précieux tour de jeu, il n’ouvre aucune ligne de vue sur le terrain. Ce qui donne l’occasion aux joueurs Viets de redéployer complètement leur dispositif sans aucune contrainte.



Deuxième tour de jeu

Les marines gardent l’initiative encore ce tour ci.


La première équipe feu se déploie en couverture tandis que la deuxième pivote sur la gauche pour venir se couvrir le long du mur qui longe la rue.

Mais à peine celle-ci arrive t’elle à destination qu’elle se retrouve prise sous le feu d’un sniper. Un homme est touché et l’équipe replie précipitamment vers son point de départ.
Le tireur n’est pas repéré, mais l’étroitesse du dégagement permet de localiser deux positions probables. Les maisons les plus proches qui encadrent le carrefour sont trop proches pour que le tireur ait pu passer inaperçu, de même que l’immeuble couvert par la première équipe. Reste une seule maison plus lointaine ou, plus probablement, la tour fortifiée elle même.


Cette première réaction ennemie permet de libérer les Marines qui enchaînent leur progression de façon  plus résolue.

Une équipe feu du deuxième squad rentre enfin sur le terrain et se précipite au pas de course en direction de l’immeuble à étage pour l’investir.


De son côté, le PC de section vient rejoindre le premier squad.



Arrivée su place, la première équipe feu du deuxième squad prend immédiatement position au premier étage non sans essuyer à son tour le feu du sniper. Personne n’est touché, mais outre le fait d’être cette fois ci à couvert, l’emplacement offre un excellent observatoire et permet de lever les doutes sur la localisation du tireur isolé.



Troisième tour de jeu

Premier test d’initiative, les Américains la conservent.

De leur position en hauteur, les marines du deuxième squad se mettent immédiatement en couverture et obtiennent une frappe des mortiers sur la position présumée du sniper.


Les premiers obus viennent encadrer l’objectif dont la silhouette massive disparait rapidement au milieu des explosions. Nul doute que le type perché là bas doit passer un sale quart d’heure.


Simultanément, l’avance peut reprendre. Tandis que la dernière équipe feu du deuxième squad vient prendre la place du PC et des hommes du premier squad, ces derniers pénètrent au rez-de-chaussée de l’immeuble.




Le troisième tour de jeu se clôt sans réaction apparente de l’ennemi, toujours embusqué et donc invisible.

Quatrième tour de jeu

Les marines gardent l’initiative et c’est tant mieux !

Car à ce stade, si la progression du platoon de la compagnie Golf s’est opérée sans anicroche excepté un blessé léger, la moitié du temps imparti à la mission s’est écoulé et les sauts de puces n’ont pas permis de couvrir plus qu’un dérisoire pâté de maison. Pour les Américains, il faut maintenant mettre le turbo et les choses sérieuses vont commencer. Aucun viet n’a jusqu’à lors été même entraperçu !

Tandis que l’équipe feu du deuxième squad reste en couverture au premier étage, les deux équipes feu du rez-de-chaussée dégoupillent quelques grenades fumigènes qui viennent rouler sur le pavé.


Au "top" de leur officier, les hommes surgissent de leurs abris et s’élancent d’un bond vers les deux échoppes qui bordent le trottoir opposé de la rue, dont les façades sont à peine visibles à travers les fumigènes.




Aucun comité d’accueil de l’ennemi qui reste étrangement inerte.

Soudain, du mouvement ! Contact !


A l’autre extrémité du terrain, un groupe ennemi (Viet Cong, "entraînés" et "peu expérimenté") en pleine progression est repéré par les hommes postés en couverture au premier étage. Charlie tente visiblement de prendre la rue en enfilade pour isoler les deux groupes US qui viennent de s’engager.


La vigilance des marines aux aguets jointe au manque de discrétion des combattants VC permet aux nuques de cuir d’ouvrir le feu en premier.


Tirs automatiques des M16, rafales de M60 en tir appuyé et salves de lance-grenades font pleuvoir un déluge d’impacts sur la façade suspecte. En retour, le tir de riposte est très faible, ce qui laisse supposer des pertes conséquentes chez l’ennemi, mais dévoile également que la couverture offerte par l’immeuble se révèle finalement être plus que douteuse (carte chance : défaut de construction, vice caché !).

Cinquième tour de jeu

Test d’initiative remporté de justesse par les Américains.
Chauffés à bloc par le retard accumulé et un premier succès facilement obtenu, les marines poursuivent leur progression.


Couverts par deux équipes feu, l’une immédiatement sur la gauche et l’autre en retrait surplombant la zone du premier étage, les marines du 1er squad pénètrent dans une maison d’angle en passant par les jardins.

Ce faisant, ils tombent nez à nez avec un groupe ANV ("Entraînés", "Expérimentés") ayant pris le risque de retenir son feu pour tirer à portée optimum.

Là encore, l’expérience des nuques de cuir jointe à leur prudence leur permettent de déjouer l’embuscade et d’ouvrir le feu en premier. La puissance de feu des deux groupes de couverture neutralise aisément la menace.

Croyant s’en tirer à bon compte, les marines en pointe tombent une nouvelle fois sous le feu d’un second groupe ANV embusqué, armé de lance roquette RPG2, posté quant à lui au premier étage des immeubles donnant sur le côté opposé.


Les Américains encaissent leur second blessé léger et répliquent eux aussi par un feu nourri.



Sixième et dernier tour de jeu

L’initiative passe enfin en faveur du camp vietnamien. Et ca change tout !
Trois groupes supplémentaires de combattants VC et ANV se dévoilent alors des maisons environnantes et saturent de feu les positions US.




AK47, lance roquettes RPG2, fusils mitrailleurs RPD Degtyaryov contre M16, M60 et M79 auxquels viennent aussitôt se mêler les obus de mortiers rendent la situation chaotique.


Les Américains doivent tirer à saturation pour couvrir leurs positions, toute progression leur étant rendue impossible.

La partie s’arrête là, à quelques dizaines de mètres d’un objectif inatteignable et dans une débauche de feu quelque peu stérile sur des positions somme toute assez retranchées.
Cependant, le niveau des munitions US baisse dangereusement vite tandis que les Vietnamiens, malgré des pertes sévères, sont à la manœuvre et concentrent déjà leurs renforts pour organiser une contre-attaque.

 Situation intéressante, une suite s’impose….

14 juin 2013

Afghanistan : Musa Qala, décembre 2007

L'offensive de Printemps lancée par les Talibans au cœur de la zone verte redouble d'intensité. Leurs attaques de plus en plus fréquentes sur les patrouilles de l'Armée britannique obligent les soldats de sa Gracieuse Majesté à passer à leur tour à l'offensive dans le secteur de Musa Qala.

La compagnie Delta, 5ème bataillon du Régiment royal d'Ecosse, part du camp "Bastion" qui se situe à l'ouest de Kandhar, pour la région de Musa Qala ...


Objectif des Écossais : contrôler le plus de terrain possible tout en ayant le moins de pertes.
Objectif des Talibans : infliger le plus de pertes possible à l'écossais, tout en gardant un maximum de terrain.


Les Écossais ont prévu de progresser prudemment en direction des champs de maïs bordant le village. Ces champs sont de véritables labyrinthes propices à toutes les embuscades, mais jusqu'à présent tout est calme...


A proximité un vieil homme à la barbe blanche descendu de son vélo les observe tout en parlant au téléphone portable. Sans doute est-il en train de renseigner l'adversaire sur leur progression, mais impossible de faire quelque chose, les règles d'engagement sont formelles.

 Soudain un tir de sniper, heureusement sans effet, fait baisser la tête des hommes ouvrant la route.


Cette fois-ci c'est sûr, les Talibans savent qu'ils approchent. Deux squads sont à peine engagés dans un champ de maïs, se trouvant à gauche de la route, qu'ils sont pris sous le feu ennemi.
 
Très vite les Écossais maitrisent la situation et les adversaires sont neutralisés. La progression peut reprendre, toujours prudente, en direction du village.

A droite de la route, l'affrontement avec un nouveau groupe de Talibans est plus violent. Un squad écossais subit trois pertes, ce qui l'oblige à stopper son avance en bordure de champ.


Alors que les squads de l'aile gauche progressent toujours en se rapprochant du village, ils sont à nouveau pris sous le feu de plusieurs groupes de Talibans s'étant regroupés dans les bâtiments et derrière les murets. Trois pertes supplémentaires sont à déplorer chez les Écossais.





Ce nouvel accrochage stoppe la progression de la section qui voit enfin arriver le support aérien. Un hélicoptère Cobra américain chargé de la protection des troupes au sol vient "nettoyer" le village à coups de missiles Hellfire, heureusement sans provoquer de dommages collatéraux.


Néanmoins les pertes sont sévères pour les troupes de L'ISAF et plusieurs maisons ont été détruites. Ce que ne manquera pas de faire remarquer dans son reportage une journaliste qui accompagnait les boys ...

15 mai 2012

Hué, Offensive du Têt. Episode 2 : 13 Février 1968


Hué, quartier de Phu Qat.



Mauvaise pioche pour les grunts de la première section Bravo 1/5 ; après que la contre-attaque viet de la nuit dernière ait sérieusement amoché les effectifs de la compagnie Alpha, c’est maintenant leur tour de prendre la relève en première ligne.

Toujours le même scénario qui se répète invariablement : le jour, les marines conquièrent un par un les immeubles fortifiés au prix de pertes éprouvantes ; la nuit, les infiltrations et parfois même les contre-attaques lancées par l’ennemi prélèvent leur dû en victimes supplémentaires.

Après deux semaines de combat opiniâtre, les Américains ont enfin pu atteindre le confluent de la rivière des parfums et du canal. Depuis deux jours, ils ont entrepris de reconquérir les quartiers est de la ville. Mais la résistance ANV se fait de plus en plus obstinée au fur et à mesure qu’ils progressent vers la citadelle impériale.

Bref, la reconquête de Hué est comme un gros sandwich nauséabond dont les sections du bataillon, chacune à tour de rôle, se tapent une petite bouchée. Et celle là risque d’être particulièrement indigeste…

Au menu du jour : en hors d’œuvres, les entrepôts marchandises du marché Dong Bâ, histoire d’ouvrir l’appétit.
Vient ensuite le plat principal : le franchissement du canal, traquenard assuré.


Le dessert enfin, les ruelles et jardins du quartier résidentiel bordant l’enceinte de la citadelle de la "Paix céleste", guet-apens convenus à chaque recoin.


Prudemment, les trois squads progressent par bonds successifs, attentifs à chaque fenêtre de chaque édifice, à chaque anfractuosité du sol pouvant receler une grenade vicieusement camouflée.



Cette fois ci, l’ANV semble s’être sagement repliée sur la rive opposée du canal ; pas d’embuscade ni même de piège dissimulé ici et là. Les unes après les autres, les équipes de la section prennent position le long des berges du canal pour négocier l’étape suivante. En retrait, un M48 Patton remonte l’avenue principale pour venir appuyer l’infanterie qui va s’engager sur le pont.




Une fois toutes les unités d’appui feu déployées en couverture, le PC envoie quelques hommes faire mine d’inspecter les berges, histoire d’appâter l’ennemi et le forcer à se découvrir.


Timidement, un sniper embusqué sur l’autre rive tente de poinçonner sa cible sans succès. Les marines répliquent à la M60 et au lance-grenade M79 mais le tireur réussit à se soustraire au déluge de feu US et disparaît.


Posté au creux du fossé situé à proximité de l’entrée du pont, le premier squad balance quelques grenades fumigènes avant de s’engager sur le tablier.



Alors que les premiers grunts posent un pied sur l’autre rive, un second sniper ouvre le feu d’un bâtiment situé dans l’axe de la rue principale tout prés du mur d’enceinte de la citadelle. Le viet manque encore sa cible, mais sa position est immédiatement repérée par un groupe M60 qui rafale la façade. Touché ! Le tireur blessé doit lui aussi décamper.


Pendant que le groupe de tête prend position au pied des bâtisses qui encadrent immédiatement l’extrémité du pont, d’autres le rejoignent en empruntant les barques qui sont amarrées le long du canal.


Encouragé par la tournure des évènements et confiant dans sa puissance de feu, l’américain décide d’infiltrer ses premiers éléments le long des ruelles et dans les maisons d’habitation pendant que les unités restées sur l’autre rives convergent vers le pont. Tout va bien, tellement bien que cela ne pouvait pas durer…


Demeuré en position d’appui à hauteur du pont, le Patton s’apprête lui aussi à manœuvrer mais reste désespérément bloqué sur place tandis qu’une épaisse fumée noire s’échappe du bloc moteur : panne mécanique (très mauvaise pioche d’une carte "Fog of War")


Pendant ce temps là, de l’autre côté du canal, les marines pénètrent par petits groupes à l’intérieur des habitations et se faufilent à travers les clôtures. Peu habitués au combat urbain, ils perdent insensiblement la coordination initiale de leur déploiement pour progresser de façon plus désordonnée à travers un espace plus compartimenté. Ce faisant, ils ne peuvent plus compter sur leur imposante puissance de feu. C’est justement sur ce terrain précis que les défenseurs, positionnés prudemment en retrait, l’ont patiemment attendu.


Ils ont minutieusement préparé leurs lignes de tirs, le débattement de leurs armes lourdes, les couvertures de leurs itinéraires de replis ainsi que le positionnement d’une ligne d’arrêt puissamment fortifiée.

Déclenchant simultanément leurs tirs de réaction à portée optimum, les Viets saturent littéralement le terrain de leurs tirs croisés et provoquent immédiatement la perte de plusieurs éléments US.


L’américain encaisse durement et s’efforce de rendre coup pour coup, efficacement appuyé par le M48 qui, bien qu’immobilisé, peut tout de même encore tirer sur les rares positions ennemies les plus exposées.



Afin d’alimenter en renforts les unités au contact qui viennent d’être sévèrement éprouvées, le commandement US fait rapidement remonter les équipes de deuxième échelon. Esquivant la manœuvre des Américains, les bodoïs reculent progressivement pour se reformer sur la ligne d’arrêt située à proximité de la citadelle et y font converger leurs propres renforts.

La partie s’arrête là.
Les marines, privés d’appui blindé, décident de tenir et consolider leur tête de pont en attendant le soutien du reste de la compagnie.
De son côté, l’ANV prépare l’inévitable contre-attaque qu’elle lancera une fois la nuit tombée.