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25 sept. 2010

Eckmuhl, le 22 avril 1809.

On a tendance à mettre toujours en avant les anglais comme adversaires les plus résolus de Napoléon.
Sûrement parce qu’ils lui ont porté le coup de grâce.
C’est oublier que ce sont certainement les autrichiens qui se sont « cognés » le plus souvent l’"Ogre Corse" en combats et batailles rangées, de 1796 à 1814.

Ce n’est jamais facile en Empire de monter une attaque coordonnée avec les trois armes face à un adversaire déjà bien en place.


La ligne de défense autrichienne, prenant à droite appui sur un hameau, et à gauche sur un château, avait de quoi intimider: habits blancs en lignes renforcées au centre, prenant appui aux ailes dans les fermes et granges, précédées de nuées de tirailleurs gris armés de carabines rayées, le tout garni de pièces d’artillerie dont certaines en redoute. Sans compter les réserves certainement massées derrière les bois.




Les Français (et Wurtembergeois) avaient de bien belles unités, mais comment procéder ?
D’abord faire donner à droite la cavalerie (lourde) pour tenter une brèche, ou du moins fixer les réserves adverses, le temps pour les « piétons » de rompre au centre. Exploitation en cas de succès par la brigade de cavalerie légère (chasseurs à cheval, hussards).




L’idée était bonne, mais charger de l’infanterie ennemie « fraîche », à proximité d’un bois non reconnu, et sans attendre le soutien de la batterie d’artillerie à cheval était osé. Pris en enfilade par des compagnies de Grenz-infanterie en lisière de bois, essuyant de face le feu d’au moins un bataillon en ligne, plombés à mitraille à courte portée par du 12, les deux régiments de cuirs, non soutenus par la brigade légère restée en arrière sans ordres n’ont pas atteint la ligne ennemie, tout en perdant leur général.
Voilà pour l’aile droite !






L’infanterie française, excellente, a des compagnies de voltigeurs. Tireurs exceptionnels, à l’aise sur le terrain, leur feu redoutable cause des pertes irréparables tandis que leur mobilité et leur dispersion (ainsi que leur petite taille…) égarent nombre de projectiles ennemis. Sur un potentiel de 6 compagnies de voltigeurs, de carabiniers d’infanterie légère et de 4 compagnies de chasseurs, 4 de voltigeurs sont restées « au bataillon ».
Elles auraient pu contribuer à « ramollir » la défense adverse en avant des colonnes d’attaque, compensant en partie l’absence de l’artillerie en pleine explication avec celle d’en face. Aussi bien devant le hameau que face à la ligne principale de défense, les fusiliers français se sont donc trouvés devant un mur blanc immobile crachant le feu.
D’abord pleins d’allant, les cinq bataillons d’assaut ont fini par marquer le pas avant de se replier bien diminués sur leurs positions de départ.
Voilà pour le centre.

 



A gauche, les wurtembergeois.
Ce sont eux qui ont mordu le plus dans les défenses autrichiennes, deux bataillons s’emparant d’un verger. Mais devant faire face à l’attaque d’une division de cavalerie qui mit un temps certain à se forcer en ligne d’attaque, la moitié de la brigade d’infanterie qui aurait pu soutenir l’attaque du hameau dû former le carré. Privée de ce soutien, la prise du verger resta sans suite.











Voyant cesser les attaques contre son aile gauche, l’autrichien, lentement comme toujours mais sûrement, mit en mouvement un bataillon de grenadiers jusque là en réserve, ainsi que les deux bataillons de fusiliers-frontières maintenant sans emploi. Ce mouvement reconduisit les Français sur leur ligne de départ.
Le corps d’armée français a donc échoué contre la défense autrichienne. Ainsi, s’il est relativement aisé d’attendre l’adversaire mèche allumées et doigt sur la détente, il n’en est pas de même quand il s’agit de trouver le moyen de faire brèche dans une position adverse bien préparée…