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13 oct. 2010

Sinchon : 1-2 février 1950.

Il s'agit d'un scénario "All round defense" inspiré de la bataille des "Twin Tunnels".

Contexte
Front central, fin janvier 1951.
Après trois longs mois de retraite passés dans des conditions éprouvantes, les forces des Nation-Unies sont parvenues à s’extirper de l’étreinte chinoise pour stabiliser le front au sud du 38e parallèle (et de Séoul qui retombe aux mains des " Rouges ").

Impatient de regagner l’initiative stratégique, le général Ridgway décide d’appliquer un nouveau concept opérationnel. Son plan consiste à lancer au cœur du dispositif ennemi des "groupements tactiques" suffisamment pourvus en moyens lourds pour contraindre les chinois à se dévoiler et contre-attaquer en masse. Le mot d’ordre est clair : “the four F : find them, fix them, fight them and finish them” (Trouvez les, fixez les, combattez les et écrasez les).

C’est ainsi que le 30 janvier, anticipant une offensive chinoise dans le secteur de WONJU, le commandement engage le 23rd Regimental Combat Team, groupement tactique à 4 bataillons renforcés, sur les axes au nord de YOJU pour y occuper un important nœud ferroviaire et routier à CHIPYONG – NI (à 25 km au nord de la ligne de front). Le RCT23 éclaire sa progression avec 2 bataillons en tête, dont le Bataillon français qui 'pitonne' à l’ouest.


Après deux jours de marche, le BF-ONU et le 3e bataillon du 23e régiment d'infanterie US font halte pour la nuit à proximité du village de SINCHON, situé à 4 kilomètres seulement de l’objectif.


Chaque compagnie est répartie le long d’un périmètre de sécurité couvrant les crêtes des collines environnantes.

La situation n’est guère confortable ; le thermomètre descend jusqu’à –30° avec interdiction de faire du feu. Par ce froid intense, il faut dégraisser les armes pour éviter l’enrayement. Les trous individuels sont creusés avec difficultés tant le sol gelé est dur.


L’intrusion quasi soudaine du 23e RCT à proximité de CHIPYONG-NI ne pouvait pas rester longtemps inaperçue des chinois.


Leur réaction ne se fait pas attendre : l’état-major de la 42e Armée ordonne aux trois régiments de la 125e division d’infanterie de se porter vers le village de SINCHON pour y intercepter et détruire les intrus.


Première phase (tours 1 et 2)

Ayant pris du retard à cause des conditions climatiques et des moyens de communications rudimentaires, la 125e division arrive sur zone deux heures seulement avant l’aube du 1er février.

Trop tard pour coordonner une attaque de nuit, mais les chinois sont tellement confiants dans leur supériorité numérique qu’ils décident de lancer l’assaut sans plus attendre. Leur appui lourd se limite à trois batteries de mortiers de 120mm au ravitaillement limité (6 frappes hors table préréglées).


Les deux premières salves ciblent le peloton de Sherman E8 positionné en travers de la route au nord du périmètre sans aucun effet sinon de donner l’alerte dans toute la vallée.


De son QG installé dans le village de SINCHON, le colonel FREEMAN demande immédiatement aux batteries du 37e d’artillerie restées quelques kilomètres en arrière d’illuminer les alentours.


Sur les lignes de crête qui jalonnent le pourtour du périmètre, l’infanterie scrute nerveusement les pentes en contrebas. Pas question d’ouvrir le feu et de révéler sa position avant d’avoir pu repérer l’ennemi. A la lueur des éclairants, la visibilité est de 200 mètres à peine.


Furtivement, les snipers qui ouvrent la marche du 2e bataillon du 373e régiment de volontaires chinois progressent en direction des positions tenues par la compagnie King du 3/23.


Une fusée éclairante révèle soudainement leur présence à moins de 100 mètres. Une aubaine pour l’observateur US qui, calé dans son abri, transmet hâtivement les coordonnées de tir à l’artillerie et obtient le soutien de toutes les batteries disponibles. Ceci fait, il ne lui reste que quelques dizaines de secondes pour prévenir les hommes qui l’entourent de se plaquer au sol. Précédés du sifflement caractéristique, les 15 obus de la première salve s’abattent en plein sur la formation chinoise alors même qu’elle s’apprête à donner la charge.
Pris à découvert et offrant une masse compacte, le bataillon encaisse la perte de trois sections, six autres sont clouées au sol ainsi que celle du commandement.


Fort de ce premier succès, l’américain compte bien rééditer son coup.


L’attaque chinoise survient cette fois ci par l’ouest, face au secteur tenu par la compagnie Love.


Arrivées à portée de charge sans avoir été repérées, deux compagnies du 2e bataillon du 374e régiment s’élancent aussitôt à l’assaut de la cote 285. L’attaque est aisément repoussée par les GI’s, mais la position est maintenant localisée par l’assaillant.

Au nord-ouest du champ de bataille, la cote 397 offre un excellent poste d’observation avec une vue plongeante sur tout le périmètre allié. C’est précisément sur cette position que s’est installé l’état major de la 125e division.


En prévision de l’attaque, tous les tubes de mortiers de 82mm détachés des bataillons y ont été concentrés et mis à disposition du général de division. Bien que risquée (à cause des tirs de contre-batterie), l’idée offre néanmoins l’avantage de pouvoir délivrer à point nommé le support nécessaire.

Ayant assisté sans même broncher à la déconvenue de ses deux premières vagues d’assaut, le
général chinois décide d’appuyer le 373e sur la cote 379. Les trois batteries de mortiers viennent donc cumuler leur feu à ceux de la deuxième frappe préréglée des 120mm.


Les salves répétées des mortiers chinois viennent labourer le sommet de la cote 379 ne laissant aucune chance de survie à la section US chargée d’en interdire l’accès. Seul l’observateur d’artillerie peut être replié avec succès en direction de la section d’appui la plus proche.

Situation à la fin des deux premiers tours de jeu.

Deuxième phase (tours 3 et 4)

Il ne reste plus que deux tours de jeu nocturnes pour permettre aux assaillants de s’approcher à distance de charge des positions alliées tout en laissant planer le doute sur la concentration de leurs forces.

Alors que le reste de leurs bataillons continuent de manœuvrer autour du périmètre, les chinois décident d’accroître leur pression sur les compagnies King et Love.


A l’ouest, le 2e bataillon du 374e régiment renouvelle sa tentative d’emporter les hauteurs de la cote 285. Les deux mêmes compagnies repartent à la charge. A droite, l’assaut est de nouveau repoussé par les grenades US malgré le soutien des mitrailleuses Maxim. A gauche, l’appui des mortiers de 82mm permet aux hommes de la première vague d’arriver au contact. Le corps à corps dure deux rounds et offre la victoire aux assaillants malgré des pertes très élevées.


A hauteur de la route menant à CHIPYONG-NI, le 1er bataillon du 374e se lance quant à lui à l’assaut des blindés tenant la passe. Tout le bataillon est engagé, la première compagnie étant soutenue par le feu de couverture des deux autres.


Là encore, les vagues d’attaque sont repoussées avec des pertes effroyables subies sur les derniers mètres de la charge. Les mitrailleuses des blindés fauchent les sections les unes après les autres. Les survivants de la compagnie d’assaut regagnent leur base de départ poursuivis par le tir des canons sans recul positionnés dans le petit verger qui borde la route.

Au nord, le 2e bataillon du 373e accentue sa pression sur les hauteurs de la cote 379. Profitant de la pénombre, les sections chinoises de première ligne s’infiltrent partout où elles le peuvent.


Sur leur flanc gauche, le 1er bataillon tombe sur une brèche de 300 mètres dans le périmètre allié située à la charnière entre la compagnie King et la 2e compagnie du BF-ONU (constituée de sud-coréens). A la faveur de l’obscurité, le bataillon chinois s’y engouffre et avance sur près de 200 mètres avant d’être repéré par une section de mitrailleuses calibre 30 située à proximité du village.


Le tir défensif des Browning parvient à fixer une section de Maxim qui tente de se mettre en batterie, mais le feu nourri du reste de l’infanterie chinoise les réduit vite au silence.

Situation à la fin du tour 4.

Troisième phase (tours 5 et 6)


Le jour se lève et le camp US peut maintenant évaluer l’ampleur du dispositif chinois. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, les brumes matinales associées au bas plafond nuageux n’autorise pas l’intervention de l’aviation pourtant si cruciale.


Deux régiments (le 373e et le 374e) concentrent leurs efforts sur le secteur nord-ouest du périmètre face aux compagnies King et Love.


Au sud, un troisième régiment (le 375e) dévale les pentes de la cote 295 face à la 1ère compagnie du BF-ONU.


Dans ce secteur, les français auront au moins la chance d’être soutenus par un peloton de Sherman et une batterie de M16-Quad redoutablement efficaces.


A l’autre extrémité de la table, dans le vallon qui sépare les cotes 333 et 379, le 1er bataillon du 373e est pris sous le feu des sud coréens du BF-ONU qui ont dû quitter leurs tranchées afin de se réaxer. Gênés sur leur flanc gauche, les chinois tentent une charge mais sont sévèrement repoussés.


L’artillerie alliée prend la relève et tente vaille que vaille de fixer le bataillon chinois le temps qu’il faudra pour ramener des renforts et tenter de colmater la brèche.

Au nord, les deux autres bataillons du 373e parviennent enfin à prendre pied sur les hauteurs de la cote 379.


Prudemment, la section US de la compagnie King la plus exposée décroche dans le verger qui la sépare du village pour éviter de se retrouver encerclée.


La cote 379 n’est plus défendue que par une seule section US, qui plus est clouée au sol. Elle aussi se retrouve menacée d’encerclement.


Sur la route de CHIPYONG-NI, le 1er bataillon du 374e régiment renouvelle son assaut pour tenter d’enlever la passe défendue par les blindés. Sur son flanc gauche, le 3e bataillon tente quant à lui de s’emparer du verger où sont venus s’abriter les défenseurs de la compagnie King.


Là encore l’assaut est repoussé par les Sherman mais vraiment de justesse. Menacés sur leurs flancs, la position devient de plus en plus intenable pour les blindés américains.

A l’ouest, le 2e bataillon du 374e repart inlassablement à la charge, appuyé par les mortiers de 82mm et le feu des Maxims positionnées le long de la voie ferrée.


Sur les pentes de la cote 285, les survivants des premières vagues d’assaut chinoises s’accrochent au terrain conquis tout en harcelant les GI’s pendant que les sections de réserve de la troisième compagnie s’élancent à leur tour.


Une deuxième section de la compagnie Love succombe au corps à corps, submergée par le nombre. La cote 285 n’est plus tenue que par une seule section.


Au sud, les trois bataillons du 375e régiment s’apprêtent à déferler en masse sur les premières lignes françaises. Ici aussi, ça commence à sentir le roussi.


Situation à la fin du tour 6




Quatrième phase (tours 7 et 8 )


Au début du tour 7, les pertes alliées se montent à 4 sections (13%), les chinois de leur côté en ont perdu une vingtaine (17%).


Sur le terrain, la situation tactique tourne néanmoins en faveur de l’armée des volontaires du peuple. Au tour 8, percée en trois endroits, la défense alliée semble devoir s’effondrer.


Au nord, la cote 379 tombe finalement aux mains du 373e régiment. Les derniers hommes de la compagnie King, repliés dans le verger, sont sur le point d’être coupés du reste du bataillon.


Seule une batterie de mortiers tirant presque à portée minimum permet encore de barrer la route des assaillants aux abords du village.


L’artillerie US offre encore la possibilité ça et là de gêner la coordination des vagues d’assaut.


Sur la cote 285, un dernier corps à corps meurtrier permet aux chinois d’enlever la position.


La compagnie Ike est désormais prise de flanc.


Au sud, les positions avancées des français sont submergées les unes après les autres.


Sur la route de YOJU, les blindés peuvent encore couvrir leur secteur mais ne reçoivent plus d’ordres du commandement occupé à colmater les brèches du secteur nord.


Ici aussi, les blindés vont avoir fort à faire. Uniquement capables de fournir un tir défensif, ils sont condamnés à subir les assauts répétés des chinois. D’autant plus que le 375e régiment possède quelques bazookas prêts à soutenir l’assaut de l’infanterie.


Curieusement restés apathiques et éloignés de l’action, les PC américains et français commencent à réagir.


A l’est par exemple, le BF-ONU n’a pas été engagé. Trois compagnies de choc restent l’arme au pied sans ordres.


L’ordre de repli sur le village leur arrive enfin, mais sans doute un peu trop tard.


La partie s’arrête à la fin du 8e tour. Les Alliés totalisent 8 pertes (25%), les chinois 26 (22%).


Le seuil de 25% des pertes alliées offre aux chinois une victoire mineure qui reste encore à être exploitée.


Situation à la fin du tour 8.

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