Bienvenue sur le blog du Shakko, groupement de joueurs au sein de l'association Rennaissance & Culture
(Sainte Geneviève des Bois dans l'Essonne). Le club, avec 30 ans d'existence , joue "HISTORIQUE" (du Moyen-âge à nos jours) et "FANTASTIQUE" ( Warhammer 40000, Warhammer Battle , Seigneur des anneaux ...) tous les samedis après-midi
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17 févr. 2013

"Chaos sur le Dniepr" : septembre 1943


Automne 1943
L'offensive d'été à Koursk a eu les résultats qu'on sait pour la Wehrmacht.
Les contre-attaques soviétiques qui ont suivi ont même ramené les allemands jusqu'au Dniepr.
Là, les landsers, "rincés" par les efforts et les pertes consentis les derniers mois, pensaient pouvoir souffler à l'abri de ses 700 Km de long et 300 à 3500 mètres de large.
Mais rien n'a été prévu comme ligne de recueil ou d'arrêt.
Pire, les soviétiques y ont déjà établi quelques têtes de pont.
Ils vont bien sûr les consolider, en attendant les gros tandis que de leur côté, les allemands vont tenter de les écraser.
Une course contre le temps s'engage alors ...


...Les bords du Dniepr, en face de Krementchoug.

Le pont ferroviaire étant détruit, le génie allemand a lancé un ouvrage léger pour piétons.
Les derniers contingents traversent mais le matériel lourd doit être abandonné en quantités.
On trouve même un train...
Des « pionieren » sont à l'oeuvre pour y détruire ou saboter tout ce qui est possible.






Le soviétique de son côté se fait pressant.
Il a déjà passé des élément légers de reconnaissance sur la rive droite du fleuve.
Ses têtes de pont doivent alors se rejoindre, en montant conjointement une attaque pour prendre les faubourgs de la ville encore occupés.


Le moral est bon, car il sait que les avant-gardes de Koniev arrivent aussi en vue du fleuve, sous la forme d'une compagnie blindée portant nombre de fantassins.
Cependant, en plus de la section du génie, du coup repliant prudemment , les derniers éléments de la Gross Deutchland, dont des « Panther », sont encore embusqués sur la rive est du Dniepr.
Les engins sont sacrifiés mais les équipages, une fois les pointes blindées soviets émoussées, pourront repasser le fleuve, en priorité .




Le Panther est fragile mécaniquement, mais son tir est efficace à longue portée.
La bonne coordination entre les engins fait que chacun d'entre eux, habilement dissimulé, a déjà choisi sa cible.
En quelques minutes, T 34 et SU 85 faisant par malchance irruption dans les plans de feux des 75 longs, et subissant en plus un raid de Stukas en maraude, perdent 6 engins sur 10.
Le reste ne jouera plus aucun rôle pour le restant de la partie.





Un groupe d'Il 2 tentera bien de rendre la pareille, mais seul un Panther sera endommagé.


Des éclaireurs, ayant passé par canots, tiennent quelques centaines de mètres sur la rive sud de la ville.
Leur matériel lourd n'a pu traverser, mais un des T 70 ayant réussi à s'approcher de la berge tient le pont du génie sous son feu.
Il occasionnera plusieurs pertes dont un précieux équipage de Panther.





Des sections d'infanterie, remontant le fleuve en colonnes étirées pour éviter les coups de la Lufwaffe, passent à leur tour, sous le couvert d'une section de mortiers de 120 mm.
L'attaque se développe ensuite, mais tombe rapidement sur des « kampfguppen » de circonstance, appuyés par quelques automoteurs. 
Un « strafing » de Fw 190 stoppera définitivement l'avance côté sud de la ville.






Au nord, les partisans, avec l'aide de sapeurs, ont construit un pont, sur un gué, mais sous l'eau.
Invisible.
Les premières unités « rouges » ayant traversé, la manœuvre pour investir les faubourgs commence, perturbée par quelques mitrailleuses et 75 d'infanterie.





L'appui d'obusiers de 122 permet de repartir de l'avant, mais ceux-ci, bientôt pris sous un violent feu de 105 de contre-batterie, sont mis H.S..
Sans soutien, et face à un adversaire maintenant retranché et sur le qui-vive, l'attaque stoppe.





L'avance, tant au nord qu'au sud est bloquée, les blindés survivants s'étant prudemment mis à l'abri, les soviétiques lâchent finalement l'affaire.
L'allemand, malgré des pertes, va pouvoir continuer son repli.
Pour lui, le Dniepr est une victoire tactique mais aussi une défaite stratégique..."


7 févr. 2013

Bataille de Yultong : 22 avril 1951


Après l’Imjin et Kapyong, Yultong est la troisième partie ayant pour cadre l’offensive chinoise du printemps 51.

L’action se situe dans le secteur tenu par la 3e division US, dans le prolongement du flanc droit de la 29e brigade britannique.
Passant à proximité de la confluence des rivières Imjin et Hantan, la ligne de front remonte sur quelques kilomètres le cours de l’Imjin qui oblique au nord jusqu’au hameau de Yultong. A partir de cette localité, formant un saillant, elle repart franchement vers l’est pour rejoindre les crêtes du massif du Godaesan.


Coincée entre l’Imjin et les contreforts ouest du massif, se trouve la bourgade de Yeoncheon traversée par la route nationale 33, artère stratégique qui permet de gagner Séoul via le corridor d’Uijongbu.

La garde de ce secteur a été confiée au 65e régiment d'infanterie (3e division), surnommé "les Borinqueneers", un régiment de l'Armée de terre des États-Unis composé uniquement de volontaires portoricains.

Aux deux bataillons du 65e (2/65 et 3/65) ont été rattachés les philippins du 10th Battalion Combat Team - Philippine Expeditionary Forces to Korea (10BCT).

Le 1/65 ainsi que le 7e d’infanterie et les Shermann de la B Company/64th Heavy 
Tank Battalion sont gardés en réserve au sud de l’Hantan en cas de rupture du front.

Les trois bataillons seront appuyés par trois batteries de 105mm du 10th US Field Artillery Battalion , une batterie de mortiers lourds positionnée à Yeoncheon, ainsi que par les Chaffee de la compagnie de reconnaissance (unité composée de Philippins). 

Déploiement de début de partie

Pour le camp de l’ONU, la partie consiste à freiner au maximum la progression des masses d’infanterie chinoises en échangeant du terrain contre des pertes. La ligne d’arrêt est fixée quelques kilomètres au sud à hauteur de la rivière Hantan.

Par conséquent, 11 objectifs sont disposés sur le terrain.
En fin de partie, celui des deux camps qui en possède le plus a gagné.

Parmi les problèmes auxquels est confronté le camp onusien, outre l’étirement habituel de ses unités alignées sur un front en saillant, il faut considérer la barrière de la langue : dans les rangs du 65e, le fantassin de base ne parle que l'espagnol, contrairement à la plupart des officiers qui parlent anglais ; idem pour les Philippins dont les hommes du rang ne comprennent que le filipino. Cette difficulté est traduite par une valeur de commandement réduite pour les chefs de bataillon et le QG régimentaire (CV8 et 9).


Côté chinois, la 44e division des Volontaires du peuple attaquera de nuit.
Ce qui lui permet de cumuler trois avantages : contrairement aux Alliés, les commandements chinois (CV7) ne sont pas handicapés par le malus de combat nocturne ; leurs unités ne peuvent être immédiatement repérées et sont dissimulées par des leurres ; l’aviation US ne peut intervenir. 

Si les trois régiments n’ont aucun support d’artillerie, de nombreux mortiers et mitrailleuses leur permettent quand même d’appuyer efficacement leurs vagues d’assaut mais aux dépends du tempo de l’offensive (doctrine rigide).

De plus, chaque régiment est pourvu d’une section de reconnaissance lui autorisant une certaine souplesse d’action de même qu’une unité de snipers à même de semer la confusion au sein des commandements ennemis (PC et observateurs d’artillerie).

Phase d’approche chinoise (tours 1 à 3)

La partie commence avec le placement des leurres chinois qui semble indiquer que les Volontaires ont décidé de mettre le paquet sur le flanc ouest. Cette option peut paraître téméraire étant donné qu’il faudra franchir l’Imjin sous le feu ennemi, mais peut devenir payante si d’aventure les assaillants parvenaient à percer et s’emparer rapidement de la route 33 en coupant la retraite aux unités onusiennes.


De leur côté, les défenseurs ont choisi de parer à toutes les éventualités en répartissant leurs forces de façon à couvrir la totalité des objectifs. 

Au nord-est, le 3/65 se déploie en échelons sur les pentes du Godaesan.


Les Philippins récoltent la position la plus exposée : la colline située à la pointe du saillant ainsi que le hameau de Yultong.


Le 2/65 est étiré au maximum pour couvrir le flanc ouest, face à l’Imjin.


Enfin, les blindés viennent se positionner entre le 10BCT et le 2/65 afin d’être en mesure d’intervenir rapidement face à ce qui semble être l’axe principal de l’assaut.

Un premier bataillon chinois est rapidement démasqué grâce aux obus éclairants alors qu’il tente de franchir la rivière face aux blindés de la compagnie reco. Seul cible disponible, il concentre sur lui le feu des trois batteries d’artillerie qui lui font durement payer son initiative.


Téméraires, les chinois poursuivent néanmoins le franchissement du gué pour se retrouver à découvert face à face aves les Chaffee confortablement déployés au débouché du vallon. Jetons un voile pudique sur l’assaut qui s’ensuit et les pertes terribles occasionnées.


Épaulant, sur sa droite, l’attaque du premier bataillon chinois, un deuxième est rapidement dévoilé qui lui aussi attire les foudres de l’artillerie. Prenant le relais des obus de 105mm, les armes lourdes du 2/65 prélèvent elles aussi leur tribut.


Ce déluge de feu a momentanément épargné la progression d’un troisième bataillon chinois, sur la gauche du premier, qui a pu s’infiltrer sur le flanc d’une compagnie philippine et s’emparer sans coup férir d’un premier objectif sur la rive est de la rivière. 


Repéré à son tour par les Chaffee, le chinois décide de décrocher avant de pouvoir engager ses rares unités équipées de bazooka, mais en laissant sur place une section d’arme lourde pour couvrir son gain. Ce faisant, ce mouvement de replis, convenablement exploité, permet aux Volontaires de se retrouver sur le flanc d’une compagnie du 10BCT, qui est contrainte de reculer vers le sommet pour esquiver.


Au nord, les éclairants démasquent un second régiment chinois s’approchant dangereusement des positions du 10BCT, mais trop tardivement pour régler efficacement le tir de l’artillerie.


Au terme de cette première phase, deux régiments sur les trois que compte la 44e division chinoise ont été repérés. Le troisième peut être soit au sud-ouest soit au nord. Afin d’en avoir le cœur net, le colonel donne l’ordre à deux compagnies du 3/65 de s’avancer au contact des  leurres non encore révélés sur les pentes du Godaesan. Si d’aventure les leurres étaient effectivement des tromperies, ce mouvement permettra d’engager le flanc du régiment ennemi lancé à l’assaut des Phillipins.

Situation fin du troisième tour de jeu

Assaut (tours 4 et 5)

Bloqués par les blindés, l’artillerie et les armes lourdes du 2/65, les deux bataillons chinois repoussés sur la rive ouest de l’Imjin n’ont d’autre choix dans l’immédiat que de tenter de se reformer en fixant le 2/65 sur ses positions.


L’action se déporte maintenant sur les quatre bataillons lancés à l’assaut de la colline occupée par les Philippins.
Pris à la gorge, les défenseurs du village de Yultong laissent passer leur seule chance de se dégager du rouleau compresseur chinois en choisissant de faire feu plutôt qu’esquiver durant leur phase d’initiative.


Opportuniste, le bataillon chinois précédemment engagé sur le flanc gauche des Philippins parvient à rentrer dans Yultong par le sud, en ignorant les pertes occasionnées par la compagnie qui venait de s’esquiver. Il se retrouve alors dans le dos des défenseurs du village qui sont littéralement anéantis au corps à corps.


Alignant coup sur coup de bons jets de dés, les trois bataillons chinois submergent la colline et emportent tous sur leur passage. 


En à peine deux tours, toutes les armes lourdes des Philippins de même que le PC de bataillon sont perdus, les deux compagnies restantes sont repoussées sur le versant sud, laissant le sommet aux mains des assaillants.


Les deux objectifs du secteur tombent ainsi dans l’escarcelle de la 44e division des Volontaires du Peuple.


Avec la perte du saillant de Yultong, le défenseur est contraint de faire reculer ses blindés tandis que le colonel du 65e se porte au devant des Philippins momentanément privés de commandement.


Au nord, une des compagnies du 3/65 qui s’était portée en avant du bataillon chinois attaquant dans l’axe de la route 33 se retrouve dangereusement engagée après avoir sèchement accroché l’ennemi. La deuxième compagnie arrive à point pour venir la supporter.


Il est maintenant certain que les trois derniers bataillons chinois de la 44e division se trouvent sous les leurres qui continuent leur progression au sud-ouest, efficacement guidés par leurs éclaireurs. L’officier chinois à leur tête s’est donné pour objectif de tourner le flanc gauche du 2/65 pour s’ouvrir la voie vers la route 33 et Yeoncheon.
Peu désireuse de subir le sort des Philippins, la compagnie du 2/65 qui leur fait face décide de reculer pour refuser le flanc du bataillon. Curieusement, les mortiers en batterie dans le village n’ont pas encore ouvert le feu… 


Situation fin du cinquième tour de jeu

Exploitation (tours 6 à 8)

Sur la colline de Yultong, une deuxième compagnie philippine est submergée à son tour. Le verrou que constituait le saillant ayant sauté, la division chinoise peut repartir à l’offensive sur tous les fronts.

Au nord, les deux compagnies du 3/65 se retrouvent face à trois bataillons chinois.


A l’ouest, les Volontaires chinois maintenus à bonne distance par le barrage des Chaffee et des soutiens du 2/65 peuvent eux aussi repartir à l’assaut. D’autant que, suite à une mauvaise interprétation d’un ordre reçu en anglais (double 6), la compagnie de droite du 2/65 évacue par erreur ses retranchements et essuie des pertes sévères provoquées par les mortiers chinois.


Au sud-ouest, la compagnie de gauche assiste impuissante au déferlement du troisième régiment chinois qui, en s’emparant de trois objectifs supplémentaires, vient couper la route 33 et sceller le sort des défenseurs maintenant privés d’issue de retraite.



A l’aube, les unités de réserve de la 3e division situées au niveau de la rivière Hantan se préparent à lancer la contre-attaque pour tenter de dégager les trois bataillons pris au piège.

Situation fin de partie