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11 févr. 2007

Rossbach, 5 novembre 1757 - Version 2

Les troupes prussiennes sont massées sur les hauteurs des collines qui surplombent la vallée fluviale de la Saale. En contrebas, les troupes du Prince de Soubise se sont déployées, préparant une offensive générale sur les positions de l'ennemi. La désorganisation que l'on avait pu constater dans les rangs de l'infanterie française lors de la première partie, est un vieux souvenir que tous tentent d'éffacer de leur mémoire. Cette fois, le Français veut en découdre, et en bon ordre de marche !

Fifres et tambours raisonnent dans la vallée humide. Les Prussiens voient la multitude des drapeaux régimentaires s'aligner lentement, mais dans un mouvement impeccable le long de la route pavée qui va de Rossbach à Reichertswerben, village en ruine, où les corps francs de Louis XV sont tombés dans la matinée sur les Frei Huzards du Grand Frédéric. Les Anspessades (sergents-major) de la pointe de leur hallebarde maintiennent l'allignement de leurs compagnies, injuriant sans ménagement les pauvres bougres qui marchent à pas forcés depuis des heures pour tenter ce contournement de l'armée prussienne. Soubise a tenté-là le modèle audacieux de son adversaire. Mais le génie et la manoeuvrabilité n'étant pas les qualités majeures de l'armée française, la ruse n'a pas prise.

Le destin n'a pas voulu d'une débacle prussienne aujourd'hui. Que celà ne tienne ! L'attaque sera frontale. Bien que les troupes de Frédéric soient installées sur le plateau et qu'il va falloir les en déloger, l'ardeur française ne manquera pas. Et pas un homme ne semble flancher face à la difficulté de la tache. Les renseignements fournis par les espions donnent d'ailleurs espoir au haut commandement français. Leurs troupes sont deux fois plus nombreuses. Les attaques vont ètre sanglantes, mais le Prussien tombera de son perchoir.

Sur l'aile droite de la bataille, la cavalerie lourde française au moral sans faille, se lance dans une charge effrénée vers la ligne de crète, étrangement dégarnie de troupes prussiennes. En effet, seuls deux bataillons du 1er régiment de mousquetaires sont visibles. Mais c'est un feu nourri qu'ils reçoivent de plein fouet à courte portée. On entend les balles se fraquasser sur leurs légers plastrons. A leur gauche, les cavaliers français ont à peine le temps d'apperçevoir une batterie lourde qui réaxe ses canons pour effectuer un tir d'opportunité. Le régiment Prince Bourbon flanche et doit replier en déroute. Mais les autres régiments lancés dans cette charge, tiennent au moral et parviennnent sur le 1er régiment. Une mélée débute en haut de cette colline; alors que les cuirassiers du roi et les Grenadiers à cheval parviennent eux aussi sur les hauteurs qu'ils avaient pris comme objectif physique. Mais au débouché, ils se retrouvent face à toute la cavalerie lourde prussienne à l'arrèt qui reçoit sans flancher l'attaque impétueuse. C'est une autre mélée qui s'engage.

Pendant ce temps-là, au centre de la bataille, le village de Lundstedt est étrangement délaissé par les Français qui préfèrent le contourner sans l'occuper, et déployer en ligne de bataille la brigade Auvergne (forte de 6 bataillons), pour partir à l'assaut du plateau. Etrange tactique semble t'il, d'autant que les volontaires Clermont-Prince prennent appui sur un espace rocailleux en arrière du village. Ce déploiement d'ailleurs aurait pu se transformer en désastre car les bataillons en colonne déborde dan,gereusement sur l'axe d'attaque de la cavalerie qui a tout moment peut se replier, et risque d'interpénétrer une partie des bataillons. La brigade Diesbach (7 bataillons) quant à elle, avance doucement derrière l'attaque de la cavalerie.

A gauche, autour de Rossbacht, les Brigades Picardie et Champagne traversent le ruisseau qui longe la voie pavée. Ce sont 16 bataillons qui débouchent ainsi au pied du plateau, là-encore prèts à gravir l'imposant talus. En face, il va falloir déloger deux brigades prussiennes . Mais elles ne totalisent que 11 bataillons. Léger désavantage numérique qui peut être pallié par les hauteurs tenues. Mais l'audace n'est pas ce jour-là, le monopole de la France. Les bataillons prussiens, appuyés de deux batteries lourdes, descendent avec flegme et assurance vers les lignes françaises désorganisées par le passage du cours d'eau. Très vite, les premiers feux nourris débutent le long des deux lignes qui se font face à moins de 200 mètres.

Les combats sont donc rudes. Un bataillon prussien a flanché et s'est replié, mais c'est le seul. Du coté français, certes la charge de cavalerie n'a pas abouti; et c'est au tour du Prussien de lancer ses cavaliers à l'attaque des lignes françaises, mais rien n'est joué ! La partie s'achève donc sans que d'un coté ou de l'autre, une victoire nette soit décelable. La bataille se poursuit. Il est vrai que les Prussiens avec deux fois moins de troupes tiennent malgré tout, et portent même l'audace dans l'attaque. La réputation des hommes de Frédéric n'est plus à faire. Mais les Français ne déméritent pas non plus, et tiennent vaillamment leurs positions. Tout va se jouer sur le moral des lignes de bataille dont les pertes commencent à s'élever. Malin qui pourrait deviner le devenir des combats.

En tout cas, la victoire tactique reste indéniablement prussienne, au regard des points de victoire (pertes + objectifs pris): 45 points pour l'armée prussienne contre 10 points pour l'armée française.

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