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30 sept. 2012

Kapyong : 23 avril 1951


Dans la nuit du 22 au 23 avril 1951, l’armée chinoise des  Volontaires du peuple reprend de nouveau l’initiative stratégique dans la péninsule coréenne en lançant son Offensive de printemps.
Pas moins de 700 000 hommes sont engagés dans cette vaste opération menaçant les secteurs ouest et centre-ouest de la ligne Kansas. L'objectif apparent est la reprise de Séoul pour la troisième fois - la capitale sud-coréenne avait à deux reprises changé de mains en 1951.

Parmi les 418 000 hommes dont disposent les forces de l’ONU pour contrer le rouleau compresseur chinois, 11 500 sont issus des Etats du Commonwealth, composant principalement les effectifs de deux brigades (27th & 29th British Commonwealth Brigade).

Dès les premières heures de l’offensive, la 29e brigade encaisse de plein fouet l’assaut de la 63e armée chinoise sur les berges de la rivière Imjin.

A cinquante kilomètres plus à l’est, la 27e brigade est placée quant à elle en réserve au creux de l’étroite vallée de la rivière Kapyong, au nord de la petite localité du même nom située au cœur du massif montagneux du Myeongji-san


Dans ce secteur, le front est tenu par les Sud-Coréens de la 6e division, positionnés à 16 kilomètres plus au nord.

Le relief est abrupt. Le terrain est souvent couvert d'arbustes et de conifères.
D'un point de vue militaire, les côtes sont dures à grimper. En outre, elles présentent un champ visuel limité ainsi que des champs de tir trop courts pour permettre un appui réciproque des défenses. C'est pourquoi, il est possible à des troupes aguerries de s'infiltrer aisément dans les localités tenues par les défenseurs et d'engager le combat à portée de mitraillettes ou de grenades.



Dans la nuit du 22 au 23, les positions sud-coréennes sont rapidement infiltrées, tournées et finalement emportées par deux divisions chinoises.
Lorsque, le lendemain, la 27e brigade reçoit l'ordre d’interdire l’entrée de la vallée, le repli des Sud-Coréens devant les troupes chinoises s'est transformé en une véritable déroute canalisée par l’étroite route qui serpente le long de la rivière.


La 27e brigade dispose de trois bataillons.

Le 3e Bataillon du Royal Australian Regiment  (3 RAR), positionné sur le versant nord de la cote 504.


Sur le flanc gauche, le 2e du Princess Patricia's Canadian Light Infantry (PPCLI) occupe les crêtes et le glacis formé par les pentes de la cote 677.


En deuxième échelon, le 1er bataillon du Régiment Middlesex s’est tout juste déployé le long de la route (hâtivement rappelé alors qu’il s’apprêtait à rejoindre Pusan pour être ré-embarqué à la suite des Argyll and Sutherland Highlanders).


La brigade est appuyée par les trois batteries de 25pdr. du 16th Field Regiment, Royal New Zealand Artillery (16 RNZA).


En outre, la 24e division US a dépêché deux batteries de mortiers de 4.2-inch (B Company, 2nd Chemical Mortar Battalion) ainsi que 15 tanks Sherman (A Company, US 72nd Heavy Tank Battalion).



Talonnées par leurs poursuivants, les dernières colonnes de Sud-Coréens dépassent les positions britanniques peu après 20 heures, alors que le crépuscule s’avance. A 22 heures, les premières unités d’avant-garde chinoises pointent leur nez de part et d’autre du Sudok San.


Couverte par l’obscurité, l’approche des premiers éléments de la 118e division des Volontaires du peuple (353, 354 et 355e régiments) s’opère sans anicroche.


Face aux Australiens, un bataillon du 354e régiment est rapidement démasqué grâce aux éclairants et instantanément harcelé par les tubes de 81mm du bataillon. L’infanterie préserve son feu afin de ne pas offrir de cible trop évidente aux soutiens du chinois.

Vicieusement revêtus d’uniformes sud-coréens, quelques bandes d’éclaireurs chinois tentent (un peu trop frontalement peut être) de s’approcher des lignes du 3e RAR, ils ne feront pas illusion longtemps et seront promptement éliminés.


Face aux Patricia, la progression du 353e régiment est ultra rapide. Peinant à repérer les nombreux leurres qui tentent de s’infiltrer sur leur flanc gauche, les Canadiens décident prudemment de faire reculer leur compagnie la plus exposée vers la ligne de crête. Ce faisant, ils doivent abandonner l’abri d’une précieuse position retranchée (couvert lourd) pour celui moins confortable offert par des buissons (couvert moyen).


En moins de deux tours de jeu, le 353e régiment est suffisamment proche des positions du 2 PPCLI pour engager ses trois bataillons. Surgissant brusquement de l’obscurité, les Chinois se lancent immédiatement à l’assaut de la cote 677.


Sur le flanc opposé, le 354e régiment, gêné par le harcèlement  continuel des mortiers australiens, progresse avec plus de peine. Arrivé en renfort, un bataillon du 355e s’engage sur la route de Somokdong avec ordre de s’emparer du village.


L’irruption soudaine d’un régiment chinois au grand complet sur les pentes de la cote 677 déclenche immédiatement la riposte de l’artillerie néo-zélandaise.



Malheureusement pour les défenseurs, l’observateur d’artillerie est repéré par une unité de snipers qui, par des tirs précis, ne lui permettent pas de maintenir un feu suffisamment efficace sur les vagues d’assaut chinoises. Planté face aux assaillants, le PC de bataillon lance des appels pressants au QG de la brigade afin d’obtenir le renfort du bataillon des Middlesex.



L’occasion de s’affranchir de l’effet dévastateur de l’artillerie décide le chinois à abandonner sa manœuvre de contournement ainsi que de renoncer aux soutiens de ses mortiers et mitrailleuses pour promptement lancer l’assaut et forcer la décision.


Le premier corps à corps est engagé contre la compagnie canadienne de gauche, la plus menacée car privée du couvert de ses tranchées et offrant partiellement son flanc.


Lancés en pleine charge, les Chinois sont cueillis par un tir si dévastateur qu’il leur est difficile de compenser ces pertes une fois au contact  et parvenir ainsi à enlever la crête.
Malgré les bonus d’une double vague d’assaut et d’une prise de flanc, il sont battus in extremis et repoussés sur leur position de départ. Le canadien peut souffler.


Les deux autres bataillons chinois attaquant de front et sans préparation les positions retranchées des Canadiens n’obtiennent logiquement aucun succès et sont repoussés avec des pertes effrayantes.




Arrivant à la rescousse, le 1er Middlesex vient se placer en support direct des Canadiens et fermer le flanc.


Pendant ce temps sur le flanc opposé, le 354e régiment s’est montré certes moins impétueux mais surtout plus prudent. 


Couvert par les feux concentrés de ses nombreux supports en mitrailleuses et mortiers, son premier bataillon est venu chercher le flanc droit australien pendant que le second fixe l’ennemi à portée de charge. Son troisième, un peu en retrait pour éviter les feux inutiles, fait de même avec le reste du dispositif défensif.




Côté britannique, on s’active à organiser la contre-attaque des Middlesex sur la cote 677 aussi bien qu’à se prémunir de l’assaut qui se dessine face aux Australiens. 

Par précaution, et parce qu’on ne sait toujours pas par où va venir le troisième régiment chinois, la compagnie de Sherman s’avance de quelques centaines de mètres pour être en mesure d’intervenir à gauche vers Cheguryong ou d’interdire l’accès aux villages de Somokdong et Chuktung-Ni.


Encore sonné par la défense canadienne, le 353e régiment chinois voit subitement apparaître sur son flanc droit le bataillon des Middlesex (deux jets chanceux -double 1-d’affilée lui permettent de passer six ordres en un seul tour !) dont la compagnie de tête s’élance immédiatement à l’assaut.



D’un seul élan, la compagnie britannique arrache quatre sections adverses et reprend le sommet. 


Sur toute la ligne canadienne, les feux d’infanterie occasionnent eux aussi des pertes importantes aux Chinois.


Ayant perdu deux bataillons sur trois dans sa tentative d’assaut sur la cote 677, le 353e régiment des Volontaires du peuple se replie aussi vite qu’il avait surgit scellant le sort de la bataille du moins sur ce flanc.


Face au 3 RAR, le 354e régiment lance enfin son assaut après une sévère préparation exécutée avec l’ensemble de ses mortiers et de ses mitrailleuses qui clouent une bonne partie des soutiens adverses.


Un tir de barrage demandé en urgence vient tomber trop court, occasionnant même quelques pertes chez les défenseurs.


Le premier assaut sur le flanc droit des Australiens permet aux Chinois de pendre pied sur la position qui est immédiatement évacuée dans la précipitation.


Face au village de Somokdong, apparaît un bataillon du 355e régiment.


La partie s’arrête là. Avec le lever du jour et l’arrivée de l’aviation, le Chinois doit renoncer à pousser son assaut et retraite vers le Nord.


Après l’Imjin, le Commonwealth a tenu ferme à Kapyong. L’Offensive de printemps débute décidément bien mal pour les Volontaires du peuple….

4 commentaires:

  1. Trop rares! Trop rares vos rapports! C'est un énorme plaisir à chaque fois, les photos sont encore très soignées, les figurines (j'ai un faible pour les Chinois cette fois-ci) sont magnifiques et le décor...parlons-en, comment faites-vous pour créer des collines aussi réaliste, et d'un autre côté ce n'est pas trop pénible pour les lignes de vue?
    Bref, encore un grand merci pour cette bataille...
    Phil.

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  2. je suis d'accord avec Phil , vos Cr sont trop rare car c'est vrai plaisir à lire et regarder . bravo toujours aussi belle votre table

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  3. Merci pour vos compliments, c'est réellement motivant.
    Les collines sont constituées de gros blocs de polystyrène amoncelés les uns sur les autres et recouverts d'une nappe suffisamment épaisse pour lisser les irrégularités sans trop les effacer. L'effet sur le jeu est un réalisme accentué concernant les lignes de vues. De plus, crêtes et versants compartimentent le terrain et rendent les options tactiques plus intéressantes.
    Le défaut majeur réside dans la fragilité du montage : il faut de grands bras pour accéder au centre de la table sans prendre appuis sur le décors. Les deux loupiots de 11-12 ans qui jouaient avec nous ce jour la étaient cantonnés aux ailes !

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  4. Avez-vous prévu des sévices corporels en cas de problème, du genre une colline cassée un doigt cassé? Bon, d'accord, j'arrête...merci en tout cas pour la réponse!
    Phil.

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