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11 déc. 2005

Aile gauche d'Austerlitz, 1805.

Les soldats du Tzar installèrent leur bivouac en fin de journée dans une des vallées de la Morava pour soustraire leurs mouvements à la vue de l’ennemi, alors que les Français choisissaient les hauteurs.
Dans les deux camps, les ordres de bataille, position définitive des unités et leurs objectifs, furent envoyés pendant la nuit.
A la différence que l’état major russe, dans le même temps, était en plus occupé à célébrer généreusement St Vladimir...

Dans ces conditions, il était à prévoir pour le moins un manque de rigueur dans la rédaction des ordres, auquel s’ajouta, avec le brouillard matinal givrant couvrant le fond de la vallée, la difficulté pour les estafettes de trouver les unités concernées, et à ces dernières de rejoindre leurs positions de départ.
L’aube se leva donc sur un déploiement russe désordonné, dont les unités commencèrent le combat mélangées et dispersées, au contraire des français présentant un front compact avec des escadrons et bataillons en ordre impeccable.

Alors que, constatant leur incurie de la nuit, les Russes multipliaient dans l’urgence contre-ordres et mouvement latéraux, les Français prenaient l’option d’attaquer pour profiter du désordre.
Pour gagner du temps, les légendaires cosaques se virent confier une mission de sacrifice en se jetant au devant des lignes françaises, dans l’espoir de les ralentir.
Sans parvenir au contact, subissant de sévères salves d’infanterie, leur déroute fut immédiate, permettant cependant aux fantassins russes de gagner quelques précieux quarts de période pour tenter de constituer une ligne cohérente.
Ressentant comme une provocation de voir se reformer devant eux la ligne ennemie mais confondant, selon la formule consacrée vitesse et précipitation, les superbes cuirassiers de la brigade St Beauvais, 1er et 6ème cuirassiers, chargeant de trop loin sur un sol dur et glissant, arrivèrent, s’échouèrent, au pas et à très courte portée des éléments de la gauche russe.

Ces derniers n’en demandaient pas tant.

Les feux à double mitraille de 12 pièces de 6, de deux bataillons du régiment de Riazan en carré et, en enfilade, de tirailleurs du 11ème léger, eurent raison des « gros talons » pourtant habitués à voir tout céder devant eux.
Pendant ce temps, sommairement regroupés, les régiments russes de Koursk et Voronej prenaient le parti de contrer l’avance du centre français, mais sans soutien et en infériorité numérique. L’affaire s’engageait au plus mal, et déjà les feux de l’artillerie et l’infanterie française faisaient des coupes sombres dans les bataillons russes, quand ceux ci reçurent l’ordre de faire demi-tour pour revenir s’aligner à hauteur de leurs canons.
Manœuvre délicate surtout sous les tirs ennemis.

La tentation était belle pour les Français de rattraper et défaire ces unités montrant leur dos.
En forçant l’allure, ils furent à deux doigts d’y parvenir et de traverser le centre russe, mais c’est à ce moment qu’apparurent, au son des tambours plats, des fifres, et des chants sacrés entonnés par 700 voix rauques, précédés de leurs popes et sous la protection spirituelle de leurs icônes, les grenadiers de la Garde russe rameutés d’urgence de l’aile droite.

Essuyant sans broncher les feux de salve de deux bataillons de ligne, leurs faces impassibles ne dégagèrent que l’expression de la haine et du mépris à la vue des Français du 101ème se préparant à les charger.
Ces hommes, élite de l’aristocratie russe, ayant choisi le métier des armes à la différence des milliers de moujiks arrachés à leur village et condamnés à porter l’uniforme dans les pires conditions, ces hommes ne craignaient et n’adoraient que deux choses : Dieu et le Tzar.
Le choc fut aussi bref que violent ; les colosses de la Garde rompirent net un premier bataillon, alors que les autres subissaient des tirs de batterie, de tirailleurs, et même d’une nouvelle charge de cosaques, décidément bien opportuns, mais tout aussi inefficace que la première.

Cependant, tout cela conjugué donna le temps aux bataillons en retraite de faire à nouveau demi-tour face à l’ennemi et de reconstituer une ligne de front, au moment ou les régiments de dragons de Kiev et de Kharkov, sortant enfin de leur apathie vinrent également renforcer le centre russe maintenant verrouillé.
La droite russe et la gauche française virent les tirailleurs des deux camps combattre le long de la Morava, l’avantage en revenant aux français, les fusiliers de Smolensk et les chasseurs de la Garde n’ayant pu de ce côté présenter un front cohérent, mais retenant malgré tout loin des combats principaux, deux beaux et utiles bataillons du 6ème léger.

La droite française n’existant plus, la gauche russe allant se mettre en mouvement, le centre russe inaccessible avec son artillerie intacte et ses réserves, l’avantage de cette partie revient aux soldats du Tzar Alexandre, ce qui n’était pourtant pas acquis dans les premières périodes de jeu.
A quand la prochaine victoire française ?!…

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