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29 oct. 2011

Aux portes du Hanovre, 1757

Pour simplifier le jeu pour les petits jeunes qui viennent renforcer les effectifs du club, pas d’utilisation cette fois-ci des dés de commandement. (Et donc pas de pénalités sur les manœuvres peu « historiques » pour l’époque, si ce n’est par un malus d’1/4 de mouvement pour les unités concernées)

Nous sommes au début de la campagne de 1757. La France avait alors l’opportunité de pénétrer en Hanovre, et d’occuper ce territoire indispensable aux forces anglaises. De part et d’autre, la stratégie adoptée est claire : faire reculer l’ennemi, et lui infliger un maximum de pertes.

La partie se déroula en 4 heures de jeu et en 10 tours, avec 6 joueurs présents. Le champ de bataille est ouvert, avec des zones de cultures larges et peu de reliefs, si ce n’est quelques collines douces. Seul véritable obstacle : une rivière non guéable qui coupe en deux la ligne britannique. Ces derniers ayant d’ailleurs choisi ce côté de la table.


- Cours d’eau non guéable -

- Une passerelle en bois, ainsi qu’un pont en pierre permettent de l’enjamber -
- Le terrain est ouvert et relativement plat -
- Seules quelques collines à pentes douces, dominent l’ensemble - 
I. L’avancée des deux armées :


Les Anglo-Hanovriens ont fait le choix de concentrer leur infanterie en 4 colonnes de brigade sur leur aile droite ; et leur cavalerie, en réserve sur la rive gauche du cours d’eau, pour protéger l’avance de l’armée.

- L’état-major Anglo-Hanovrien -
- 1er Bataillon de la Garde -
Les Français eux, se sont concentrés sur l’axe opposé, et ont gardé une brigade en réserve. Mais leur flanc gauche est dangereusement dégarni.

- L’état-major Français -
Les mouvements sont rapides dans les deux camps. Les Anglo-Hanovriens mettent en branle l’ensemble des bataillons, au son des fifres et des tambours. Ils veulent dévorer du Frenchy. Max le petit cadet britannique, épaulé par deux « vieilles moustaches », n’est pas le moins vaillant dans la manœuvre de ses troupes. C’est qu’il en veut le petiot !

- La première ligne britannique se déploie à partir
de deux colonnes de brigades anglaises -


- La deuxième ligne de bataille sera composée d’une brigade Hanovrienne -
En face, le terrain est en étau, et oblige dès lors à des manœuvres savantes. Tom et Rémi, les deux autres jeunots ont aussi la bave aux dents. On se croirait lors d’une finale de coupe du monde de Rugby ! Le vieux Grognard Münchhausen a toutes les peines du monde à calmer l’ardeur et la volonté dans découdre des jeunes recrues. La sagesse face à la fougue ! Qui va prendre le dessus ?


- Le déploiement français se révèle compliqué, mais effectué avec calme -
- L’artillerie se tient prête à recevoir l’ennemi -
Les « vieux » sont là pour temporiser un peu l’ardeur de la jeunesse. Mais l’écoute au sein des deux armées est réelle. Les prises d’initiative sont mêmes étonnement bien prises en main par les « petits jeunes ». Cela annonce des combats de très hautes volées.

II. Le déploiement des deux armées : 

Malgré le déploiement par la gauche, bien plus difficile pour les armées du XVIIIème siècle, les Français s’en sortent plutôt bien. En trois tours de jeu, les lignes françaises sont prêtes à voir déferler sur elles les Tuniques rouges. Leur artillerie s’est même déployée en avant de l’infanterie, et occasionne les premières pertes ennemies. Tant en tirs de contre-batteries, que dans le gras des lignes anglaises. On sent alors une certaine fébrilité du côté de la Perfide Albion, peu habituée à voir la Furia Francese aussi tôt dans une partie. Les Français galvanisés par leur hardiesse, n’en restent pas pour moins lucides. Le maréchal de camp Münchhausen donne explicitement l’ordre de tenir la ligne, stopper l’avance et attendre l’ennemi.

- La brigade suisse vient parachever la ligne de bataille française -
- Les premiers feux d’artillerie mettent en joie les joueurs … français -
Sur le flanc gauche, les deux bataillons des Gardes de Lorraine cassent la ligne pour éviter une prise de flanc. Mais pas de réserves disponibles ! Donc à terme, si ce côté n’est pas rapidement consolidé, des problèmes sérieux risquent de remettre en question la domination du camp français.


- La ligne de bataille est en angle fermé, empêchant toute prise de flanc -
A leur tour, après quelques hésitations, les britanniques finissent leur déploiement en ligne de bataille. (Ce qui a nécessité 4 tours de jeu tout de même). La lenteur de la manœuvrabilité est la règle à l’âge des Lumières. Les choses sérieuses vont à présent commencer !



- Les Britanniques déploient impeccablement leur ligne de bataille -
A l’autre extrémité du champ de bataille, la brigade française en réserve a enfin compris ses ordres. Une marche oblique est ainsi effectuée. Mais les mouvements en ligne de bataille, puis en colonne de marche, et enfin en échelons de bataillons, ralentissent la manœuvre. L’attaque surprise sur le flanc gauche de l’ennemi, qui pouvait se révéler comme une belle opportunité, se transforme peu à peu en casse-tête chinois. Il faudra 5 tours pour que le Français parvienne enfin au niveau du pont qui enjambe la rivière. Une bien belle colonne de brigade, à la queue leu-leu !

- Le passage de la ligne de bataille en colonne de brigade a pris du temps - 

- La batterie d’artillerie ouvre la route,
prête à se déployer en cas de menace ennemie -
- Nouvelle manœuvre occasionnant une perte de temps.
Les bataillons pivotent en échelon -
III. Les lignes de bataille déchargent leurs tirs de mousqueterie :

Au centre, les lignes d’infanterie se font face à portée de tir de mousquet. A souligner le fait qu’aucune erreur d’évaluation de feu n’a eu lieu. Les cadets ont maintenu leur tir jusqu’à la portée règlementaire ; et aucune panique n’a entraîné de feux inconsidérés. Bref, le potentiel d’impact est optimal ! De part et d’autre, les soldats s’effondrent, fauchés par les balles qui sifflent aux oreilles des chanceux. 

- Deux jeunes cadets font face à une vieille moustache … déplumée :D ! -
- La brigade de la Garde ferme le flanc droit du dispositif anglais -
Les premières faiblesses se révèlent du côté des Anglo-Hanovriens. Le 5th Regiment flanche suite à un test moral. Il est dès lors contraint de reculer, et devient désorganisé. Le reste de la ligne tient le choc. Sur la droite, la brigade de la Garde (deux régiments de la Garde et un bataillon d’Highlanders) poursuit son avance, en gardant son feu pour plus tard. Le but est clair : tirer à courte portée, comme les Britanniques le pratiquent régulièrement à l’entraînement. Sur les visages stoïques et façonnés par des années d’intempérie, de bagarres de soldats, et de liqueurs douces, le doute n’apparait point !

- Le 5th Regiment a du reculé face au feu français -
A l’arrière, la brigade hanovrienne est toujours en phase de déploiement. Mais la pression sur la ligne ennemie se confirme. Cela risque de devenir compliqué pour le Français qui n’a pas de réserve, et qui expose dangereusement son fragile flanc gauche. Mais pour l’instant, l’avantage est toujours dans le camp des troupes de Louis XV (qui, au même moment, partage de bons moments à Versailles, en compagnie de sa jeune maîtresse Marie-Louise O’Murphy).



- Déploiement de la brigade hanovrienne -
- La jeune maîtresse du roi Louis XV : Marie-Louise O’Murphy -


IV. La Charge sur le flanc gauche français :

Les feux se poursuivent encore pendant deux tours, sans vraiment mettre à mal la ligne française. Tout au contraire, les bataillons français et suisses, appuyés par leurs batteries d’artillerie moyenne, font des ravages en tirs de contre-batterie, annihilant l’une des batteries ennemies. Une charge opportune d’un bataillon suisse fera d’ailleurs fuir les derniers artilleurs anglais qui s’accrochaient à leurs pièces.


Mais sur la gauche, la brigade de la Garde qui n’a pas encore déclenché sa fureur, trépigne sur place. Et alors que tout le monde s’attend à un duel de mousqueterie, les officiers des divers bataillons sortent l’épée du fourreau. Quant aux anspessades, ils resserrent les rangs et alignent les hommes du bout de leur pique. C’est clair : une charge se prépare ! Et c’est toute la brigade qui avance à un pas cadencé. Alors que les bataillons de la Garde anglaise avancent dans un silence discipliné, ponctué du son des tambours ; les Highlanders eux, ont posé leurs fusils et dégainés leurs redoutables Claymores. C’est dans un hurlement tout écossais, que ces gaillards déferlent sur leur proie. En face, les gorges se serrent et quelques prières sont murmurées.
Le feu Français est terrible. Il parvient à repousser l’attaque des Ecossais. Le jeune Max qui espérait beaucoup de cette charge, est un peu déconfis. Mais le sourire lui revient vite, à la vue du résultat de la charge de la Garde sur le flanc français. Un bataillon de Lorrains est fortement bousculé et part en déroute, ayant perdu 1/3 de ses effectifs de départ (test moral raté).

- Le jeune cadet Max lance les dés lors de la mêlée, du côté anglais -


- Le flanc a cédé ! -
Le flanc est ouvert ! Ce n’est plus qu’une question de temps à présent, pour que la ligne de bataille française ne s’effondre. Si les Français ne reprennent pas le dessus très vite ailleurs, la situation pourrait devenir catastrophique. 

V. Les brigades de cavaleries font vibrer le sol :

Pendant ces entre-faits, la brigade française est enfin parvenue au pont qui enjambe le cours d’eau. Il y a menace sur le flanc droit anglo-hanovrien. Les bataillons du régiment Picardie, accélèrent le pas. Le premier a déjà traversé le pont, lorsque deux régiments de Dragoons anglais se présentent face à eux, et déploient leurs lignes pour se préparer à charger. Le terrain étroit oblige à former deux rangs. Dés-lors, l’impact ne se fera qu’avec le premier des régiments. En face, la panique pourrait transformer cette marche éprouvante en calvaire. Malgré les risques, le maréchal de camp Münchhausen garde son sang-froid, et parvient à former le carré. Mais l’effort ne suffit pas. Celui-ci se brise et recule en désordre dans le bataillon qui suivait. Ce dernier échoue également au test moral (ennemi fuyant qui interpénètre vos rangs), et reflue à son tour dans un troisième bataillon qui, lui, passe brillement son test. 



- Déploiement de la colonne de cavalerie britannique -


- La Brigade française de Münchhausen a enfin
atteint le pont, mais est reçu par une charge de Horses -
Mais s’en est fini d’une potentielle attaque sur le flanc droit des Anglais. C’est le tournant de la bataille !

Alors que les lignes de bataille s’organisaient au centre et sur la gauche du champ de bataille, les deux brigades de cavalerie étaient restées un temps en réserve. Mais la pression aidant, d’un côté et de l’autre, on décide de passer à l’action. Le déploiement britannique reste prudent. La menace potentielle de la brigade de Münchhausen, oblige l’Anglais à temporiser et retenir sa cavalerie, réputée à l’époque pour sa fâcheuse tendance à l’indiscipline. (Et oui, un Anglais indiscipliné … cela laisse rêveur :D ! )

Les Français sont plus enclins à trouver une brèche. La colonne de cavalerie fonce vers l’ennemi, et se déploie en deux lignes. 




- La colonne de cavalerie française se présente en lignes successives.
Deux régiments vont se déployer sur la gauche - 
Les Anglais finissent par accepter le défi, et répondent à la charge française par une contre-charge de toute leur brigade. Deux mêlées s’en suivent. Les épées s’entrechoquent, et le premier tour de combat se conclut par un ex aequo. La tension est palpable dans les mains qui lancent les dés salvateurs. Le deuxième tour débute avec des régiments désorganisés et fragilisés, de part la fatigue inhérente à la charge et aux combats précédents. Le résultat est mitigé, puisque Français comme Britanniques voient la moitié de leurs effectifs refluer.







- Mêlée de cavalerie impressionnante par son impact ; mais peu efficace -
C’est donc une mêlée stérile entre cavaliers qui s’achève sur un retour dans les cordes, tant pour le Français que pour l’Anglais. 

VI. Une conclusion assez nette :

Alors que la bataille s’annonçait prometteuse pour les Français, pourtant moins nombreux au centre et avec un flanc gauche dangereusement dégarni, c’est à une victoire anglo-hanovrienne que l’on assista. Le « bluff » français, par cette tentative de manœuvre tournante à la prussienne (mais trop lentement exécutée), et une charge de la cavalerie qui n’a abouti qu’à une mêlée monstrueuse sans réelle exploitation, n’a pas permis de renverser la situation.





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