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14 oct. 2011

Task Force Smith : Osan, juillet 1950

Le scénario est largement inspiré de celui conçu par Maximus Gluteus sur son blog.
Initialement pensé pour la règle Crossfire, il est facilement adaptable pour Cold War Commander ou d'autres systèmes.


En ce jour de fête nationale (Independance Day), l'Amérique, qui vient de prendre pied en Corée, se prépare à mener, près d'Osan, à une quarantaine de kilomètres au sud de Séoul, la première bataille d'une nouvelle guerre dont elle est convaincue qu'elle ne durera que quelques jours.


Mais sur le terrain, cette toute jeune superpuissance si sûre d'elle ne paye pourtant pas de mine, puisqu'elle n'aligne qu'une maigre Task Force composée d'un bataillon (le 1/21) ; seulement 1 homme sur 6 a connu l'expérience du feu dans le Pacifique, les autres n’ont passé que quelques mois en mission d’occupation au Japon.


Tout juste débarqués la veille de vieux Douglas C-53 Skytrooper en provenance de la base aérienne d'Itasuki, les GI's et leur commandant, le lt-colonel Smith ont reçu l'ordre de remonter l'autoroute Pusan-Séoul le plus au nord possible pour venir épauler les troupes sud-coréennes qui tentent de repousser l'invasion du Nord. Arrivés sur place, ils découvrent une succession de collines broussailleuses placées à cheval de part et d'autre de l'autoroute et de la ligne de chemin de fer.


Contrairement aux renseignements qui leur ont été fournis, les américains n'y trouvent aucune défense préparée, pas l'ombre d'un soldat sudiste hormis quelques fuyards épouvantés déboulant du nord.

En sous-effectif, le 1/21 ne comprend que deux compagnies (Baker et Charlie), une section  de soutien (2 mitrailleuses calibre 30, 2 canons sans recul de 75mm, 2 mortiers de 80mm et un de 4.2"). Le tout est appuyé par la batterie A du 52nd Field Artillery Battalion.


La bataille commence le lendemain, au petit matin, et se déroule en deux phases :

A 08H30, trente-trois T-34/85 du 107e régiment blindé nord-coréen se présentent en colonne le long de l'autoroute en provenance de la ville de Suwon.

Les GI's attendent le dernier moment pour ouvrir le feu. C'est à ce moment précis qu'ils découvrent le peu d'efficacité de leurs bazookas (M9A1) datant de la dernière guerre contre la cuirasse inclinée des bestiaux made in USSR.


Les canons sans recul de 75mm, maniés par des novices, ne se montrent guère plus efficaces. Seules les pièces de campagne de 105mm placées en retrait et tirant avec les quelques obus perforants disponibles (il n'y en a pas d'autres à cette date sur tout le territoire de la péninsule !) arrivent à décheniller et dépecer trois tanks rouges. Partis comme ils étaient venus (à toute vitesse), les chars disparaissent au sud. La "position d'arrêt" US a littéralement été transpercée.


La deuxième phase (celle que nous avons jouée) commence trois heures plus tard.
A 11H30, une imposante colonne de camions (longue de près de 10 km) précédée de quelques blindés supplémentaires se présente à l'horizon.


Il s'agit de la 4e division nord-coréenne au grand complet, rebaptisée "Division de Séoul" après être rentrée en avant garde dans la capitale du Sud, elle comprend les 16e et 18e régiments d’infanterie et totalise près de 5000 hommes. Tout juste réapprovisionnée, la 4e DI pousse à toute blinde vers Daegu et la pointe sud de la péninsule.


Pour l’emporter, les américains doivent tenir 8 tours de jeu au minimum et 12 tours pour prétendre à une victoire totale (un tour de jeu correspondant à 15 minutes, soit 3 heures). Au-delà d’un seuil de rupture, fixé à 33% de pertes et donc 9 socles, un test moral est lancé à chaque nouvelle période de jeu. En cas d’échec, l’américain n’est plus en mesure de tenir ses positions.

Les joueurs US bénéficient du placement caché et de retranchements, deux embuscades leurs sont allouées (deux groupes de bazookas qu’ils peuvent « sortir de leur chapeau » au moment opportun).
Pas de soutien aérien : ce jour là, la pluie et le plafond bas clouent au sol l’aviation.


Disposant d’une supériorité numérique quasi écrasante (trois T34/85, neuf compagnies d’infanterie dotée chacune d’un mortier de 82mm et d’une mitrailleuse Maxim) les nord-coréens doivent rompre le dispositif US en moins 8 tours de jeu pour obtenir une victoire. Au-delà, entre 9 et 12 tours, ce sont les effectifs engagés du côté coréen qui détermineront le vainqueur :

  • 3 compagnies engagées (1 bataillon) pour une victoire partielle des coréens
  • 6 compagnies engagées (2 bataillons) pour un match nul
  • 9 compagnies engagées (3 bataillons) pour une victoire partielle US.


La 4e division de l’Armée populaire étant composée de soldats aguerris pour avoir combattu en Chine, l’infanterie est classée « Vétérans », les T34 sont par contre « Novices ».


L’avant-garde blindée du matin n’ayant pas signalé à la division la présence des troupes américaines, seules les panaches de fumées s’échappant des carcasses calcinées des chars sont susceptibles d’avertir la tête de colonne du danger. Par conséquent, les troupes coréennes ne peuvent pas sortir de la route avant d’avoir essuyé le feu US.

Première vague d'assaut. (Tours 1 à 6)
Rendus circonspects par l’apparition de panaches de fumée noire derrière les collines, les nord-coréens ralentissent l’allure…


Néanmoins, la masse des fantassins reste entassée à bord des camions. Seuls les T34 sur lesquels sont juchés les trois premiers groupes de la compagnie d'avant-garde s’engagent à vitesse réduite en direction du défilé.


N’en espérant pas tant, les américains découvrent d’un seul coup leurs deux embuscades constituées de groupes antichars. De flanc et à courte portée, les roquettes font mouche, sur le second tank tandis que les tirs d’armes légères en éparpillent les fantassins, mais sans parvenir à terrasser le blindé qui reste néanmoins désemparé pour la durée de l’action.


Immédiatement, la première compagnie coréenne est débarquée et se précipite vers le bosquet d’où ont tiré les bazookas.


Ce qui n’empêche pas les deux groupes US d’échapper au tir de riposte fort imprécis des coréens et de tenter de rejoindre les positions amies. Du haut de la colline, l’observateur d’artillerie tente de les couvrir en pilonnant les assaillants, mais n’obtient pas le contact de sa batterie (la colonne blindée du matin a sectionné les câbles en roulant dessus, de fait, le soutien des obusiers écope d’un malus). Arrivé à mi chemin, un des groupes est éliminé par la mitrailleuse de caisse d'un blindé.


Prenant le relais, les mortiers de 81 et de 4.2" font tomber un déluge de feu sur la compagnie coréenne la plus proche qui tente vainement de se regrouper pour pousser en avant.


Une deuxième tentative de l’observateur s'avère plus que concluante (double un) et les obus de 105mm viennent s’abattre sur la colonne de camions à bord desquels les fantassins de la seconde compagnie sont encore entassés.


Les pertes sont terribles : les trois quart de la compagnie sont décimés, les officiers tous perdus, la confusion est totale. Les joueurs coréens décident de débarquer le plus vite possible le reste du bataillon de la première vague et d’engager un deuxième bataillon dans la foulée.

Pendant ce temps, la compagnie coréenne de tête a réussi à se former pour pousser en avant, appuyée par un T34.
Mais comble de malchance (double 6) : l’équipage du tank, échaudé par les embuscades, préfère reculer.

Privée de son soutien blindé, sans reconnaissance ni support de ses armes lourdes (restées curieusement inactives), ayant par ailleurs déjà essuyé le feu des mortiers US, la ligne nord-coréenne se retrouve sans défense lorsque apparaît face à elle une section de GI’s.
Elle mord la poussière sans pouvoir risposter …


Deuxième vague d'assaut. (Tours 7 à 9)


Au 7e tour, avec deux bataillons engagés et sans avoir accroché ni même un tant soit peu approché les américains, l'affaire des coréens semble mal engagée.


Les T34 parviennent tout de même à faire gicler une pièce de canon sans recul, mais l’artillerie et les mortiers US continuent méthodiquement à pilonner les compagnies d’assaut qui tentent de se regrouper.


Arrivant au contact d’un ennemi non repéré et attaquant sans coordination, les rares unités coréennes qui tentent de prendre pied sur les hauteurs sont inexorablement sacrifiées.


Ayant subi plus de 75% de pertes, le premier bataillon coréen marque le pas et attend que la deuxième vague vienne relancer l’assaut.


Avertis des risques que l’artillerie et les mortiers font planer sur les camions, les fantassins de la deuxième vague gagnent leurs positions d’assaut à pied, en formation.


Troisième vague. (Tours 10 à 12)
Au tour 10, ayant engagé deux bataillons sans pouvoir sérieusement inquiéter les américains, les joueurs coréens tentent leur vas-tout : un troisième bataillon s’élance à son tour. Il faut maintenant percer en deux tours pour au moins éviter une victoire totale US. A ce stade, même un match nul n'est plus à envisager.


Là encore, la progression se fait pedibus.


Et là encore, l’artillerie et les mortiers sèment le désordre et la confusion.


Toutefois, sur le flanc droit, les nord-coréens sont parvenus à concentrer une masse critique et peuvent lancer leur premier assaut conséquent de la journée.


L’appui des blindés et des armes lourdes (mitrailleuses et mortiers) offre une couverture qui permet aux fantassins de progresser, exploitant au mieux les angles non battus par les pièces US pour venir chercher le flanc des défenseurs.


La manœuvre est tardive mais s’avère enfin payante.


Là encore, les pertes sont lourdes du fait de la puissance de feu des GI’s, mais les vétérans du 16e régiment d’infanterie de l’Armée populaire vont enfin pouvoir laver l’affront que leur ont causé les bleus du lt-colonel Smith.


Après une première charge menée sans conviction et aisément repoussée, la deuxième parvient au contact. Les coréens prennent pied sur la colline et engagent les américains au corps-à-corps.


Les uniformes moutardes enlèvent la position retranchée d’un seul élan.


Complètement dominés par la détermination des coréens, les GI's doivent abandonner le terrain s'ils veulent encore pouvoir replier en bon ordre.


Néanmoins, ils auront largement tenu les trois heures nécessaires et même réussi à infliger des pertes terribles à leurs adversaires (l’équivalent d’un bataillon complet) tout en mobilisant contre eux un régiment entier qu’il faut maintenant réorganiser.

C’est donc une victoire totale US qui vient couronner cette première rencontre de la guerre.
Reste encore à pouvoir rééditer ce coup d'éclat plus au sud, sur la route de Chonui, par où arrive déjà le troisième bataillon et l'état-major du colonel Stephen .

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