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9 févr. 2015

Raid sur Biloba-Prime

« Attention.
Paré à émerger.
Trois…Deux…Un…Emergence »


L’escadre rapide formant l’avant-garde de la IIIe Flotte des Forces de Défense Coloniales (FDC) surgit du tunnel de saut PRL pour se matérialiser au seuil du portail de transit, à la lisière extérieure du système stellaire Biloba-Prime, préfecture impériale du 5e Cadran.


Deux croiseurs de bataille de la classe Indomptable (l’Invincible et l’Inflexible) escortés chacun de deux frégates de classe Félin ainsi que deux demi-flottilles (six unités au total) de torpilleurs  Murena se déployèrent aux côtés du porte-chasseur Apollo, lui-même flanqué de deux frégates lourdes Mira.


A son bord, le vice-amiral Ginko scruta le terminal Dradis guettant les échos ennemis qui se matérialisaient au fur et à mesure que les senseurs balayaient l’espace tout azimut.

La cible était bien là, comme prévu, à neuf minutes-lumière droit devant et légèrement en deçà du plan orbital : la station relais impériale B-O4, sentinelle immobile et maillon avancé de l’immense chaîne de défense frontalière de l’Imperium galactique.


L’actualisation des données Dradis lui arracha un sourire carnassier : une douzaine d’unités de la Flotte impériale relâchaient à proximité immédiate de la station.
Le décompte précis tomba rapidement : treize unités de type "escorte" et deux de type "croiseur". Par les Vivantes Etoiles ! Voilà une surprise qui pimentait sérieusement la donne !


Ginko s’accorda un instant de réflexion pour analyser les données tactiques.

Les Impériaux ne paraissaient pas sur leur garde. Leurs vaisseaux étaient à l’arrêt, mais réacteurs en chauffe, et le point d’émergence n’avait pas été miné. Bien ! Il disposait donc d’une dizaine de minutes standards avant que l’image de sa formation ne puisse atteindre et alerter l’ennemi.

L’amiral FDC savait également pouvoir compter sur l’avantage que lui conféraient ses croiseurs : rapides, manœuvrables et surtout capables d’accélérations fulgurantes.

Si ceux d’en face prenaient l’option d’un vecteur d’interception haute et décidaient de forcer l’allure, sa propre escadre pourrait promptement fournir le regain de vitesse suffisant pour que les deux formations se croisent à une vélocité telle que les systèmes d’acquisition de tir soient incapables de verrouiller leur cible au moment précis où les enveloppes d’engagement optimal le leur permettaient. A partir de là, la voie serait pratiquement dégagée pour fondre sur la station et se garantir une solution de tir contre ce qui demeurait avant tout son objectif principal. La cible étant immobile sur des coordonnées fixes, même à grande vitesse, ca restait jouable quitte à décélérer à proximité. Évidemment, cette tactique n’offrirait qu’une seule passe de tir et la station elle-même était correctement armée.

Aussi songea-t-il que ce serait à ce moment précis qu’il faudrait abattre son joker….

 Basculant les communications sur le canal inter de l’escadre, l’amiral Ginko débita ses ordres :

« Autorité à escadre. 
 Formation ligne ; l’Apollo sur tribord, en déroulant sur bâbord : Indomptable, Murena-Alpha, Invincible et Murena-Bravo.
Cap sur objectif cible : echo Alpha.
On accélère à 0,1 C à T+15.
Estimation de délai avant contact cible : 23 minutes 32 secondes standards.
Terminé ».

Maintenant, tout était question de dosage.
Durant la phase d’approche et alors que l’escadre FDC gagnait en vélocité, les informations concernant la composition des Impériaux se précisèrent : les senseurs indiquaient cinq formations distinctes qui toutes avaient commencé à se déployer pour couvrir la station.

Au centre, trois antiques corvettes de la classe Manta qui devaient probablement assurer la garde rapprochée de la station ainsi que les liaisons de routine.

De part et d’autre, le gros morceau : deux croiseurs lourds de la classe Justicia escortés chacun d’une paire de corvettes


Aux extrémités, deux formations de destroyers Sabre verrouillaient le dispositif.


Scrutant avec attention le terminal Dradis qui débitait maintenant les données en temps réel, Ginko ne put s’empêcher de pester intérieurement : ces maudits Impériaux n’étaient pas dupes de sa manœuvre ! Loin de chercher l’interception, la ligne ennemie gardait stoïquement sa formation de barrage juste devant la station tout en prenant soin de conserver une très faible inertie relative, en tout cas largement suffisante pour initier l’engagement.

Réévaluant la situation, l’amiral fit modifier la trajectoire de l’Apollo pour le placer sur un vecteur permettant de déborder le flanc gauche de la formation ennemie. La même instruction put in extremis être transmise au croiseur de bataille Inflexible.


Quand au reste de la formation FDC, trop distante et lancée à toute allure, sa seule option consistait à pivoter pour inverser la poussée des réacteurs principaux avant d’entamer sa phase d’approche et de pouvoir accrocher la cible. Dans ce secteur, la confrontation se présentait comme inévitable.

La première passe ne dura que le temps d’un clignement d’œil.

L’intranet de l’escadre fit instantanément remonter la synthèse des rapports d’avaries.


Au centre, Murena-Alpha avait magistralement pulvérisé une corvette impériale et se préparait à verrouiller la station.

A l’extrémité bâbord de la ligne, la situation tournait à l’aigre. La deuxième demi-flottille de torpilleurs avait pénétré dos à dos l’enveloppe d’engagement d’un croiseur lourd escorté de deux Mantas alors que les formations adverses avaient chacune de leur côté initié simultanément une manœuvre de retournement.


L’opération aurait pu être une aubaine si les torpilleurs FDC ne s’étaient pas retrouvés à portée d'engagement d’une formation de destroyers Sabre ayant anticipé leur vecteur.

Le tir concentré des unités impériales fit sentir ses effets : sur les trois vaisseaux coloniaux, seul le torpilleur Percidae avait pu s’en tirer indemne. L’Epigoni ainsi que le Cordata avaient subi d’importants dommages structurels et perdu leur tube lanceur principal.


Bien opportunément positionné en couverture, le croiseur de bataille Invincible avait quant à lui heureusement pu frapper le croiseur lourd adverse qui semblait avoir perdu une partie de sa propulsion ainsi qu’une ou deux batteries


Estimant la configuration tactique favorable, l’amiral Ginko jugea le moment opportun de se préparer à jouer sa carte maitresse.


Sur un ordre bref transmis au chef de pont, deux escadrilles d’intercepteurs furent lancées.
Les douze appareils se verrouillèrent instantanément sur un nombre équivalent de chasseurs adverses qui, lancés de la station, venaient d’être signalés en approche rapide sur la console Dradis de l’Apollo.


C’était maintenant l’instant décisif.

Poursuivant sur son élan, le croiseur de bataille Inflexible perfora la ligne de défense impériale, endommageant au passage un des destroyers Sabre mais recevant en retour une frappe qui provoqua l’avarie de son réacteur tribord.


Au centre et à gauche, tous les bâtiments FDC convergèrent sur la station qui, de son côté, activa précipitamment ses batteries de défense.


L’échange de tir fut trés éphémère. Les systèmes de contrôle automatisés ouvrirent le feu pendant la très fugitive seconde ou les unités FDC se retrouvèrent à portée d’engagement optimum de leur cible.


Puis, les senseurs Dradis des vaisseaux coloniaux balayèrent l’espace derrière eux pour évaluer les résultats de la passe et les terminaux se réactualisèrent....

C’était décevant.

Un tiers seulement des torpilles avaient réussi à pénétrer le tir de barrage pour trouver leur cible et déchiqueter les superstructures blindées de la station. De leur côté, les frappes des croiseurs de bataille n’avaient guère fait mieux qu’endommager quelques batteries secondaires. La cible avait certes été entamée, mais n’avait pas été détruite.

Ginko enregistra ces informations puis se pencha sur les dommages infligés à ses propres vaisseaux. Au cours des quelques secondes précédant la passe de tir sur la station, les unités impériales du barrage avaient eu le temps de basculer pour engager à leur tour les agresseurs.


Manifestement, les tirs avaient été concentrés sur les croiseurs de bataille. L’Inflexible avait été touché plusieurs fois, il avait perdu un quart de son armement principal mais n’avait pas souffert de dommages supplémentaires à sa propulsion.


L’Invincible en revanche penchait vers bâbord, privé de tout contrôle sur ses manœuvres, il s’éloignait en tournoyant sur lui-même tout en dérivant sur son vecteur d’inertie.


L’Apollo étant prudemment resté excentré par rapport à l’action, l’amiral se décida enfin à jouer son joker. Après avoir vérifié que ses chasseurs avaient neutralisé la menace des intercepteurs ennemis, il ordonna le lancement des deux escadrilles de chasseurs-torpilleurs restées en réserve.

La voie étant dégagée, la formation fila droit sur l’objectif.


Deux appareils sur les douze engagés dans l’attaque furent descendus dès la phase d’approche.
Mais les survivants firent mouche avec précision, prenant soin de viser les points névralgiques et les zones déjà fragilisées par l'attaque précédente. Touchée en plusieurs endroits, la station B-04 frémit, hoqueta puis vola en éclats.


Mission accomplie !

2 commentaires:

  1. Yessssssssss ! La station a été pulvérisée !!!! De bien belles figurines pour un rapport de bataille toujours aux petits oignons cyril 😊 !!

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  2. Superbe rapport intersidéral, bravo!

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