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27 juil. 2010

"Ah, les braves gens!", juillet 1745.

En ce jour d’été, 17ème du mois de juillet, les sieurs Nicolas et Cyril eurent le plaisir de croiser le fer au Club le Shakko.

* Le nombre d’unités de part et d’autre est, à quelque chose près, celui de l’époque. En revanche, les unités ne sont pas forcément celles présentes alors.





Du côté de La Pragmatique Alliance, Cyril tiendra le rôle du Lieutenant-général Von Moltke*.


Quant à l’armée du roi de France, Nicolas sera dans la peau du chevalier Du Chayla*.




Tour n°1 :


Du côté français, la partie débute avec une table très dépouillée. Seul 1 bataillon du « vieux » régiment Picardie, appuyé par une batterie moyenne de 8 livres, fait face à la ligne anglo-alliés déployée à l’est du ruisseau de Goutrode. Ajoutons-y le 1er bataillon des Arquebusiers de Grassin, qui se tient retrancher dans un prieuré de Bénédictins. Le 2ème bataillon est resté loin en arrière des lignes ennemies ; les troupes anglaises l’ayant délaissé pour activer leur mouvement vers Gand. Quant aux trois autres bataillons de Picardie, ils se trouvent en casernement dans le village étendu de Melle.

- 1er bataillon du « Vieux » Picardie appuyé par une batterie de 8 livres -
- Entrée du prieuré de Melle -

- Vue arrière du même prieuré -
- Village de Melle où sont encasernés 3 bataillons du Picardie -
- Les moulins du plat pays …-
Du côté anglais, les lignes britanniques s’apprêtent à passer à l’attaque, face au pauvre bataillon français a priori seul. Néanmoins, le paysage rend cette affirmation aléatoire. En effet, la végétation dense et les blés hauts, apportent une difficulté supplémentaire à la visibilité. D’autant que les officiers à cheval ont reçu expressément l’ordre de marcher en-deçà de la ligne d’attaque. Le risque encouru par une balle perdue, semblant trop élevé par le général en chef (de mauvais souvenirs peut-être? :lol: ). Et pour palier à tout risque, un bataillon de Highlanders : le 42ème Black Watch (déjà présent à Fontenoy …) est déployé sur la droite, et protège toute attaque sur leur flanc. Faisant ainsi face à l’abbaye qui semble pour l’instant étrangement vide.
Avant tout mouvement général, ordre est donné aux Highlanders d’avancer vers le monastère pour débusquer toute troupe ennemie qui y serait potentiellement embusquée. D’autant que Von Moltke sait qu’il a laissé sur ses arrières un bataillon des Grassin. Celui-ci aurait-il réussi à traverser ses lignes, et se tiendrait-il dans ce monastère ? C’est peu probable, mais la prudence est mère de vertu.

- Ruisseau du Goutrode -
- Les lignes de vue sont peu aisées dans ce terrain pourtant plat -
- Les lignes anglo-alliées promptes à fondre sur l’ennemi -
- Le 42th Highlanders fait face au prieuré jusqu’à présent silencieux -
 Mais Von Moltke trépigne. « Au diable ce bataillon français ! En avant mes braves ! » L’ordre de charge générale est enfin donné. Et après un test de charge réussi, la ligne britannique s’ébranle au son des tambours, et avance droit vers l’ennemi. Les premiers rangs passent le ruisseau guéable, entraînant une désorganisation temporaire sur l’ensemble des bataillons.
Les Français ripostent par un feu de salve et un tir d’artillerie. Ce qui inflige bien quelques pertes à l’ennemi, mais n’est guère suffisant pour les stopper. Les artilleurs pris de panique, préfèrent esquiver, et s’enfuient face à l’avance anglaise. Les Picards eux, tiennent bon ; et face au choc des armes, ne reculent que de quelques mètres au milieu du champ. Le blé haut les protège des feux ennemis (visibles qu’à courte portée, sans officier à cheval), mais rend également le repli plus lent (à mi-vitesse). A cet instant, dans le village de Melle, l’ordre est donné de marcher sur l’ennemi. Mais du fait de l’étendu des lignes de commandement, le test moral est raté (hors de la zone de commandement).

- Von Moltke donne ordre aux troupes de charger -
- Les Anglais passent le ruisseau -
- Les tirs de l’artillerie ne suffisent pas à stopper l’avance imperturbable des Anglais -
- Le 1er Picardie tient bon, bien que totalement isolé -
- La rivière de l’Escaut, dont la plupart des ponts ont été détruits par l’armée hollandaise-
- Les Français ont aménagé la veille un ponton pour passer l’Escaut, en vue d’assiéger la ville de Gand -
Du côté des écossais, le mystère du prieuré se révèle enfin. Un feu nourri cause 2 pertes aux Highlanders. Ulcérés, ils devinent dés-lors le nom de ces tirailleurs jusqu’alors invisibles: ce sont bien les Arquebusiers de Grassin. Les mêmes qui les ont repoussé au mois de mai à Fontenoy, aux abords du bois de Barry. La rage leur monte au nez, à l’instant où le colonel Duncan Campbell sort sa Claymore donnant l’ordre à ses hommes de faire de même. Ceux-ci déposent leurs mousquets, et s’agrippent au petit bouclier qui les équipe encore à l’époque, s’apprêtant à charger.


La cavalerie anglaise attend patiemment en arrière, certaine que les braves Highlanders ne feront qu’une bouchée de ces tirailleurs emplumés.

- Les Highlanders subissent leurs premières pertes au feu -


Tour n°2 :


Du côté français, la situation est difficile. Les Anglais gardent l’initiative, et en profitent pour se rapprocher davantage de l’ennemi, pour lui asséner un feu d’enfer à courte portée. Malgré tout, l’avance n’est pas aisée du fait du terrain enclos. Et le brave bataillon tient toujours au feu, reculant peu à peu sans décrocher. En revanche, la batterie française abandonnée est prise. Deux possibilités se présentent alors aux Anglais :

- Tourner les canons et les utiliser une fois, avec un malus supplémentaire.
- Ou bien, stopper un tour entier avec un bataillon, pour la détruire.

Les trois autres bataillons du régiment Picardie tentent d’activer leur mouvement, et font le choix de prendre les Anglais par le coté. Le mouvement se révèle dés-lors plus lent.
Les Highlanders eux, effectuent leur charge sans réserve, passant leur test moral haut la main. Mais la tache n’est pas simple. Les Arquebusiers de Grassin tiennent les remparts du prieuré, et se défendent bien (la protection du mur octroie un -3 dés à l’adversaire lors de la phase de mêlée). Les pertes s’accumulent, mais les résultats sont identiques de part et d’autre. La mêlée se poursuivra donc un 2ème tour !

- Les troupes anglo-hanovriennes poursuivent leur pression sur l’ennemi -
- Les trois autres bataillons de Melle s’empressent de rejoindre la zone des combats -
- Les Arquebusiers de Grassin dans l’abbaye s’apprêtent à recevoir la charge des Highlanders -
- La mêlée est terrible sur les remparts -
La colonne de cavalerie anglaise, à présent rassurée par la voie ouverte s’élance, passant sans souci le test d’entrée. Elle est constituée de trois régiments de dragons, dont un régiment autrichien. L’armée hollando-autrichienne a été bien mal menée depuis le début de la campagne 1745. Et les unités encore valides ont été, pour un certain nombre d’entre elles, incorporées au corps anglo-hanovrien. C’est le cas du régiment du duc de Wurtemberg. La colonne est couverte par un escadron de hussards autrichiens.

- Pont sur le ruisseau de Goutrode, seul passage pour la cavalerie -
- La colonne de cavalerie s’apprête à passer le pont sur le Goutrode -
- Le régiment de Dragons autrichiens Wurtemberg -
Le pauvre 1er bataillon de Picardie recule toujours face à la petite division ennemie, trouvant un repli idéal dans l’un des multiples fossés asséchés, qui servent à l’automne de canaux de drainage dans cette région inondable.
- Des fossés aménagés servant de canaux de drainage -

Tour n°3 :



Les premiers renforts français peuvent enfin tenter de venir soutenir leurs frères d’armes. Malheureusement, là-encore, les lignes de commandement étirées et les dés d’entrée ratés, retardent cette arrivée très attendue par le Chevalier du Chayla. Du côté britannique, cela ne donne que plus de courage pour briser ce verrou et pousser vers Gand, comme prévu dans leur ordre. Mais une surprise de taille attend le général Von Moltke, ou plutôt une opportunité qui ne se reproduirait pas d’aussitôt : tout le parc d’artillerie et de pontons de l’armée française, prévu pour le siège de la citadelle de Gand ! C’est trop tentant pour passer outre. Le général hanovrien rêve déjà de sa promotion à venir, et les hommages que le duc de Cumberland ne manquerait pas de lui faire. C’est malgré tout très dangereux. La nasse peut à tout moment se refermer sur eux. Mais la difficulté du terrain et l’envie d’une glorieuse victoire après la gifle de Fontenoy, ne laisse aucun doute à l’officier supérieur. Il faut tenir ou emporter le plus grand nombre de canons possible.

- Les renforts français sont encore loin -
- Le parc d’artillerie et de pontons prévu pour le siège de Gand -
- Les troupes alliées s’empressent d’avancer sur le parc d’artillerie -
Dans le prieuré, les combats se poursuivent. Ce nouveau tour de mêlée tourne enfin à l’avantage des Highlanders, qui repoussent suffisamment les Grassins pour pénétrer à leur tour dans la bâtisse. Les deux unités sont à présent en formation « en hérisson » (dans la règle de jeu, cela traduit l’éparpillement des troupes dans l’ensemble des bâtiments. Combats et feux se font avec les malus des deux côtés). L’intensité des combats est moins forte, mais amène irrémédiablement un nombre exponentiel de pertes pour les deux unités.

- Le 42ème Highlanders ont pénétré la place, et les combats se poursuivent dans
les divers bâtiments (formation « en hérisson »)
-

Tour n°4 :


Du Chayla attend avec angoisse l’arrivée des renforts. Un « vieux» régiment: Le Champagne, et de la cavalerie devraient déboucher d’ici peu par les diverses chaussées. Avec espoir, il distingue les cavaliers qui apparaissent sur la route de Gand ; mais les difficultés de chaîne de commandement font que le régiment de Champagne ne parvient qu’au compte gouttes. Pour l’instant, seuls deux bataillons sont visibles. L’éloignement du général de ligne fait que les mouvements sont impossibles (dé d’actions insuffisant pour faire mouvement avec toutes les unités hors de commandement). La chance n’est décidément pas française jusqu’à présent ! La colonne de cavalerie, elle non plus, ne parvient pas à passer son test d’entrée. C’est encore un tour de retard. Ce qui n’arrange nullement les affaires de l’infortuné général en chef français.


- Les troupes en renfort parviennent avec difficulté sur les lieux des combats
Au centre, les lignes anglaises parviennent au parc d’artillerie. Les mouvements ne sont pas aisés, d’autant que sur leur flanc droit, ils aperçoivent à 150 toises (300 mètres environ) trois bataillons ennemis qui forment une ligne de bataille.

-Les alliés parviennent à s’emparer pour un temps du parc d’artillerie -
Dans le monastère, les feux se poursuivent toujours, mais peu efficaces, la résolution des adversaires reste intacte. D’autant que le vicomte Simon Claude de Glatigny de Grassin a été mortellement touché lors de la mêlée précédente ; ce qui a provoqué un test moral pour les Arquebusiers.


Tour n°5 :

Enfin, pour les Français les choses s’arrangent. La cavalerie parvient enfin à rentrer sur la table ; ainsi que le 2ème bataillon des Grassin laissé sur l’arrière des lignes ennemies. Ce dernier s’empresse de rejoindre les combats dans l’abbaye. La situation des Highlanders devient dés-lors impossible. Mais leur qualité d’armes se révèle n’être pas seulement une étiquette. Ils tentent le tout pour le tout. Combattant contre ce nouveau bataillon, et profitant des remparts comme point d’appui, ils subissent malgré tout le feu croisé des deux bataillons de tirailleurs. Et pourtant, ils tiennent toujours, malgré les pertes qui s’accumulent.



- La cavalerie alliée se déploie pour protéger son flanc droit -
- Le 2ème bataillon de Grassin s’approche du prieuré -
- Les Grassins au pied des remparts -



Tour n°6 :



Du Chayla donne immédiatement ordre à sa cavalerie de prendre position, et de passer en ligne.
Face à l’arrivée de la colonne française se trouve sur la chaussée, un escadron de hussards autrichiens. La manœuvrabilité des Français n’est pas simple, avec la présence de fossés qui rendent impossible tout déploiement en ligne de bataille. Le choix est donc fait de passer sur la droite de la route, en laissant un régiment en colonne de marche pour s’occuper de ces impétueux hussards. Ce qui leur semble largement suffisant. Mais voilà ! Lors de la charge, la distance trop faible ne laisse ni aux hussards l’opportunité d’esquiver, ni à la cavalerie de Ligne de bénéficier de leur bonus de charge. Seuls quatre figurines françaises compteront dans la mêlée (2 de front + 2 de soutien) et trois Hussards (2 de front + 1 de soutien). Rien n’est donc joué, et la mêlée va se prolonger au tour suivant.

- La cavalerie française parvient enfin sur la table -
- Le régiment de cavalerie de Ligne de Harcourt fait face aux hussards autrichiens -

- Deux régiments de cavalerie de Ligne débordent par leur droite, vers l’infanterie alliée -



Tour n°7 :



La ligne de cavalerie française s’est déployée en face aux Anglais, prête à charger. Mais la fébrilité des hommes face à une charge au sabre, rend l’opération hasardeuse. A cette époque de la Guerre de Succession d’Autriche, beaucoup d’unités à cheval combattent encore en menant des décharges de pistolets face à l’infanterie (« pistoliers »), et pas dans des charges à l’épée (« cavalerie d’impact »). En face, les Anglais ont eu l’opportunité de prendre tout le parc d’artillerie et continue le feu nourri sur le 1er bataillon de Picardie (et oui, il est toujours là …).
Dans le monastère, une nouvelle mêlée débute ; et le 2ème bataillon des Grassin parvient à repousser les Highlanders des remparts. Un combat désespéré débute alors dans les bâtiments de l’espace religieux. La fin est proche pour les Black Watch, mais l’honneur lui, reste éternel !

- La cavalerie française passe en ligne d’attaque -
- L'héroïque 1er bataillon de Picardie tient toujours face à la ligne ennemie -
- Les combats se poursuivent dans le prieuré -
- Bien que tout aussi héroïques, les Black Watch ne tiendront plus longtemps -


La partie s’acheva sur ces entre-faits épiques.


Bilan :

L’armée de la Pragmatique Alliance :

- 1 batterie prise = 5 points
- le parc d’artillerie gardé = 5 points
(la totalité n’est pas octroyée, car la menace ennemie n’a pas été écartée, et son évacuation non faite)
- 15 pertes causées à l’ennemi = 10 points
Total = 20 points victoire

L’armée française :

- 13 pertes causées à l’ennemi = 10 points
Total = 10 points victoire

Donc, une courte victoire anglo-alliée, par les gains d’objectifs et la lenteur d’arrivée des troupes françaises. Mais qui ont loin d’avoir démérité !

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